Élections régionales: l'Île-de-France passe à droite, le FN bredouille

Le premier tour a été remporté par le FN dans six régions, vont-ils réussir à les conserver?
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Le premier tour a été remporté par le FN dans six régions, vont-ils réussir à les conserver? - © JEAN-SEBASTIEN EVRARD - AFP

Ce dimanche, le second tour des élections régionales en France a tenu toutes se promesses. Plus de 45 millions de Français étaient attendus aux urnes pour ces dernières élections avant les présidentielles de 2017. C'est par ailleurs le premier scrutin régional à 13 régions.

La droite emporte 7 régions contre 5 pour la gauche et une pour les régionalistes en Corse. Les scrutins normands, bourguignons et dans le Centre-Val-de-Loire ont été particulièrement serrés. Valérie Pécresse (Les Républicains, LR) reprend l'Île-de-France à la gauche après 17 ans.

Le grand enseignement de la soirée reste la défaite du Front national (FN) dans toutes les régions alors qu'il espérait au moins en décrocher une. Néanmoins, les frontistes réalisent une entrée fracassante dans les conseils régionaux français alors que Marion Maréchal-Le Pen échoue en PACA pour quelques points seulement face à Christian Estrosi (LR).

Les résultats

Le Front national aurait perdu dans les six régions où il était en tête lors du premier tour:

  • Nord-Pas-de-Calais-Picardie: victoire de Xavier Bertrand (LR) avec 56,7%, Marine Le Pen (FN) a 43,3%
  • PACA (Provence-Alpes-Côtes d'Azur): victoire de Christian Estrosi (LR) avec 52,4%, Marion Maréchal-Le Pen (FN) a 47,6% à 71% de dépouillement
  • Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine (Est): victoire de Philippe Richert (LR) avec 47,68%, Florian Philippot (FN) a 36,78%, Jean-Philippe Masseret (LDVG) a 15,('%
  • Bourgogne-Franche-Comté: Marie-Guite Dufay (PS) légèrement en tête avec 34,29%, François Sauvadet (UDI) obtient 32,93%, Sophie Montel (FN) a 32,78%
  • Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées: Carole Delga (PS) est en tête avec 43,02%, le FN de Louis Aliot suit avec 35,71%, Dominique Reynié (LR) obtient 12,74%
  • Centre-Val de Loire: victoire de François Bonneau (PS) avec 34,67%, Philippe Vigier (UDI) a 34,60%, Philippe Loiseau (FN) obtient 30,73%

Les résultats pour les autres régions :

  • Île de France: Valérie Decresse (LR) en tête avec 44%, Claude Bartolone (PS) obtient 41,8%, le FN a 14,% avec Wallerand de Saint-Just 
  • Normandie: Hervé Morin (LR) l'emporte avec 36,43%. Nicolas Mayer-Rossignol fait 36,08 et le frontiste Nicolas Bay obtient 27,5
  • Auvergne-Rhônes-Alpes: victoire de Laurent Wauquiez (LR) avec 40,8%, Jean-Jacques Queyranne (PS) a 36,7%, le FN de Christophe Boudot obtient 22,5%
  • Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes: victoire d'Alain Rousset (PS) avec 43,87%, Virginie Calmels (LR) a 33,91% et Jacques Colombier (FN) obtient 22,23%
  • Bretagne: victoire de Jean-Yves Le Drian (PS) avec 51,41%, Marc Le Fur (LR) obtient 29,72% et Gille Pennelle (FN) obtient 18,87%
  • Pays de la Loire: victoire Bruno Retailleau (LR) avec 43,29%, Christophe Clergeau (PS) a 36,01%, Pascal Gannat (FN) obtient 20,70%
  • Corse: victoire du nationaliste Gilles Simeoni (Inseme per a Corsica) avec 35,34%, vient ensuite Paul Giacobbi pour la gauche avec 28,49%. Le candidat de droite José Rossi obtient 27,07% alors que le frontiste Christophe Canioni a 9,09%
  • La Réunion: victoire de Didier Robert (LR) avec 52,69%, Huguette Bello (PS) obtient 47,31%

Premières réactions

Le républicain Xavier Bertrand (LR) s'est rapidement exprimé suite à l'annonce de sa victoire dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie : "Ce soir, c'est la victoire des gens du Nord. Je remercie les électeurs d'avoir protégé notre belle région, je remercie les électeurs de gauche d'avoir voté pour faire rempart".

Marine Le Pen (FN) a considéré ces résultats comme un succès : "La montée inexorable du courant national est confirmée. Le FN serait désormais la première force d'opposition dans les conseils régionaux français".

Nicolas Sarkozy (LR) s'est aussi exprimé, félicitant la mobilisation des Français : "La France doit se réjouir, car il n'y a pas de démocratie vivante lorsque l'abstention est trop forte. Cette mobilisation en faveur des nos candidats du second tour ne doit pas nous faire oublier les avertissements adressés à nos responsables politiques".

Manuel Valls (PS), le Premier ministre français, a rappelé que "le danger de l'extrême droite n'est pas écarté. Je mesure la responsabilité de mon gouvernement. Cela nous oblige à agir sans relâche pour obtenir plus de résultats".

Une mobilisation plus forte

Le taux de participation a été de 58,50%, c'est presque 10% de plus qu'aux élections régionales de 2010. Le taux de participation était de 50,54% à 17 heures.

Les régions où les taux de participation étaient les plus élevés à 17 heures étaient la Corse (60%), la PACA (Provence Alpes Côte d'Azur), le "fief" de Marion Maréchal-Le Pen, avec 54,3% et le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, où se présente Marine Le Pen, qui fait le même score.

La plupart des bureaux de vote ont fermé leurs portes à 18 heures, excepté dans les grandes agglomérations comme Paris, Lille, Lyon et Nice, où ils ont fermé à 19 ou 20 heures.

Lors du premier tour, le parti d'extrême-droite, le FN avait réalisé une percée historique, en remportant 27,96% des suffrages exprimés au niveau national. Tout l'enjeu de ce deuxième tour était de voir si cette domination du Front national allait se confirmer.

Un premier tour remporté par le FN

Le 6 décembre, lors du premier tour, le Front national avait réalisé un score historique, en arrivant en tête dans six des treize régions. Marine Le Pen et sa nièce Marion Maréchal-Le Pen avaient réalisé dans le nord (Nord Pas-de-Calais Picardie) et le sud-est (Provence Alpes Côte d'Azur) les deux meilleures performances du parti avec chacune plus de 40% des voix. 

Les Républicains étaient eux arrivés en tête de quatre régions, dont l'Île-de-France, et les socialistes ont eu deux régions, dont l'indéboulonnable Bretagne.

Résultat au premier tour (France TV info)

Vu le mode de scrutin assez compliqué de ces régionales, la donne pouvait changer du tout au tout. Dans les deux régions remportées par la famille Le Pen, les socialistes au pouvoir se sont désistés au profit des candidats de droite.

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