Elections municipales: la France vote dimanche pour le premier tour

Jean-claude Gaudin, maire de Marseille: "le président veut mon scalp"
2 images
Jean-claude Gaudin, maire de Marseille: "le président veut mon scalp" - © Tous droits réservés

La campagne pour le premier tour des élections municipales en France se termine. C'est le premier scrutin depuis la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle et celle parti socialiste aux législatives, dans la foulée. Mais c’était il y a deux ans. Aujourd'hui, le contexte a bien changé pour la gauche. Le président est au plus bas dans les sondages et son premier ministre, Jean-Marc Ayrault, également. Et les tensions ne manquent pas au sein du gouvernement entre socialistes et écologistes. La page symbolique tournée il y a deux mois par le président, pour se définir politiquement comme social-démocrate n'aide pas vraiment la majorité française. 36 000 villes et villages de France vont maintenant prendre parti.

Même si ce sont des élections locales, c'est un premier et vrai test pour François Hollande et son gouvernement. C'est autre chose que des sondages. Mais du côté socialiste, on veut éviter de tout mélanger dans le contexte de faible popularité du président et du premier ministre. Un exemple révélateur est celui de Lyon où le maire socialiste, Gérard Collomb, ne parle jamais dans ses discours du PS ou du président de la République. Il joue la prudence et il n'est pas le seul.

L'UMP voit les choses autrement -ou plutôt voyait les choses autrement- quelque peu déboussolé aujourd'hui par les problèmes de Jean-François Copé et les révélations qui s'enchaînent à propos de Nicolas Sarkozy. A priori, ces élections étaient le début de la reconquête du pouvoir pour l'UMP.

Mais d'après les sondages, c'est loin d'être acquis. De manière surprenante, le PS garderait sans trop de problèmes Paris, Lyon, Lille ou Nantes, la ville qui était dirigée jusqu'en 2012 par Jean-Marc Ayrault. Et l’on s’attend à un beau duel à Marseille entre le maire UMP Jean-Claude Gaudin et le socialiste Patrick Mennucci. C'est sans doute là que le scrutin sera le plus serré et le plus observé symboliquement par l'UMP et le PS.

Une ou deux villes pour le FN

Dans le contexte actuel, le Front national se tient clairement en embuscade. Selon les mêmes sondages, il pourrait conquérir une ou 2 villes. Et surtout, s'il réalise des scores suffisants pour se maintenir au second tour, c'est l'extrême-droite qui pourrait faire perdre l'UMP dans bon nombre de villes. Mais le grand vainqueur du scrutin pourrait être le taux d'abstention. Et ça, ça jouerait contre le PS.

Aujourd'hui, les Français se disent clairement déçus et amers à l'égard de la politique. Et le ciel reste sombre.

Pont-Sainte-Maxence: le FN comme trublion contre les grands partis

Une sorte de record pour le FN qui, en France, se présente dans plus de 600 communes Certains candidats l’auraient d'ailleurs été "à l’insu de leur plein gré". Dans les petites communes, les candidats doivent faire face au " désenchantement" de la politique. Surtout dans des petites villes de province qui ont perdu des milliers d’emploi. Le FN demande "plus de policiers et moins de logements sociaux" mais cultive aussi son image de parti plus présentable.

L’enjeu de Marseille : avec ou sans Jean-Claude Gaudin

Marseille, place forte de la droite, sera la ville de tous les affrontements. Deuxième ville de France, la cité fosséenne connaîtra une élection très disputée entre le socialiste Patrick Mennucci et l’indéracinable Jean-Claude Gaudin qui, à 74 ans, dirige la ville depuis 18 ans. Pour lui, pas de doute "Le président Hollande veut mon scalp ". Sa stratégie consiste à attaquer les socialistes à tout rompre, pour faire oublier les problèmes de sécurité et de pauvreté qui minent la ville. Patrick Mennucci semble, pour sa part, vouloir faire oublier qu'il représente le PS.

Corse: Avant tout des affaires de famille(s )

La Corse est entrée dans le giron hexagonal depuis plus de deux siècles mais remettre la France en cause y est resté un sport national. A Bastia Jean Zuccarelli dont le père et le grand-père ont déjà été maires entend perpétuer la tradition familiale. Mais la concurrence sera rude. François Tatti se présente comme dissident de gauche. Il pourrait être l’arbitre du second tour qui ferait de Gilles Semeoni le grand vainqueur. Indépendantiste, il se dit en faveur d’une "autonomie" plus que de l’indépendance de l'île. Avec l’aide de Tatti, il pourrait devenir au second tour le premier maire nationaliste de Corse.

Popriano Bartoli en attendant Bartoli

Le maire sortant de Popriano, Paul-Marie Bartoli, frappé d'inéligibilité suite à l'invalidation de ses comptes de campagne a choisi d’envoyer au front son épouse, Caroline. Face caméra, l’absence de culture politique de la candidate est patente. Mais ce n’est pas un problème, le but étant que son mari retrouve son poste dans trois mois, après de nouvelles élections.

RTBF

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK