Elections midterms: le bilan économique de Donald Trump est-il vraiment positif?

Les États-Unis votent aujourd’hui, avec un président Trump qui se targue d’un excellent bilan économique après deux ans au pouvoir. Et c’est vrai qu’en apparence tout roule pour la machine économique américaine : une croissance solide autour des 3%, un produit intérieur brut par habitant qui a progressé de presque 9% depuis 2007, donc par rapport à son niveau d’avant-crise, c’est presque deux fois la progression de la zone euro sur la même période.

Toute une série de paramètres américains, d’indicateurs sont effectivement au vert. Mais cela cache de moins bonnes nouvelles.

Les salaires américains sont enfin repartis à la hausse après 10 ans de stagnation, mais le revenu médian augmente toujours moins vite que l’inflation aux États-Unis. Ça veut dire que la plupart des Américains continuent à perdre du pouvoir d’achat.

Le bilan de Trump, pour l’instant, ce sont des réductions d’impôts pour les entreprises, des suppressions de certaines taxes pour les Américains les plus fortunés, et en plus, des dépenses publiques faramineuses, entre autres dans la défense.

En fait, le président américain fait le choix très net de creuser la dette publique américaine en période de croissance, explique Michel Hermans, politologue à l’université de Liège : "Le budget américain va obliger à faire porter sur la population américaine des décisions de choix budgétaires. C’est là que ça devient difficile, notamment pour les pensionnés, pour tout ce qui est importé à la population, au profit d’autres budgets, et notamment la défense. Il a décidé de dépenser plus et plus et plus, alors que Barack Obama avait freiné, voyant que le budget était déjà énorme au niveau de la défense militaire".

780 milliards de dollars, voilà l’ampleur du déficit public américain pour le premier exercice fiscal de Donald Trump. C’est presque 20% de plus que lors du dernier budget de Barack Obama.

Toute une série de grosses entreprises se sont aussi réimplantées sur le sol américain, dans la lignée du fameux "Make America great again". Mais pour Michel Hermans, ce phénomène-là n’est pas à porter au crédit de Donald Trump : "Le rapatriement de multinationales vers les États-Unis avait commencé sous Barack Obama, parce que les salaires chinois additionnés au transport commençaient à coûter trop cher. Mais ils ne se réinstallent plus dans les zones où Donald Trump a fait ses voix. Ils s’installent plutôt vers le sud des États-Unis, comme plusieurs multinationales se sont réinstallées dans l’Alabama, qui est surtout une région agricole au départ".

Donc, pas de quoi créer les emplois promis à l’électorat du président actuel. Et pour Michel Hermans, il faudra attendre moins d’un an avant que le protectionnisme version Trump ne porte préjudice à l’industrie américaine, qui paiera plus cher ses matières premières importées et qui réexportera plus difficilement sa production...

Donald Trump arrivant à son meeting du 05 novembre à Girardeau, dans le Missouri

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