Elections législatives en Espagne: un parti indépendantiste catalan ouvre la voie à la reconduction au pouvoir de Sanchez

Avec 155 députés au total, les socialistes et le parti de gauche radicale Podemos ont besoin de l'appui d'autres forces politiques.
Avec 155 députés au total, les socialistes et le parti de gauche radicale Podemos ont besoin de l'appui d'autres forces politiques. - © Belga

Le parti indépendantiste catalan ERC a ouvert la voie à la reconduction du socialiste Pedro Sanchez à la tête du gouvernement en Espagne, en décidant jeudi que ses 13 députés s'abstiendraient au cours du vote de confiance au parlement. Le conseil national d'ERC (Gauche Républicaine de Catalogne) a pris la décision de "valider" des négociations avec l'État espagnol et, par conséquent, que ses députés "s'abstiendraient lors du vote d'investiture du candidat Pedro Sanchez dans les prochains jours", ce qui permettra au socialiste de remporter ce vote, a annoncé Pere Aragonès, un haut responsable de ce parti, à Barcelone.

Les citoyens de Catalogne seront "consultés" à propos des mesures proposées

Avec 155 députés au total, les socialistes et le parti de gauche radicale Podemos ont besoin de l'appui d'autres forces politiques pour que M. Sanchez, arrivé au pouvoir en juin 2018, puisse être investi à la tête du premier gouvernement de coalition du pays depuis la fin de la dictature franquiste en 1975. Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a confirmé dans un communiqué que l'accord scellé avec ERC comprenait l'ouverture d'un processus "de dialogue, de négociation et d'accord entre le gouvernement de l'Espagne et le gouvernement (l'exécutif régional, NDLR) de Catalogne", dans un délai de 15 jours. Selon les deux partis, au terme de ces négociations, les citoyens de Catalogne seront "consultés", à propos des mesures proposées. Le dirigeant d'ERC, Oriol Junqueras, incarcéré depuis plus de deux ans, avait été condamné en octobre à 13 ans de prison pour "sédition" et "détournements" de fonds publics pour son rôle dans la tentative de sécession en 2017 de la Catalogne, dont il était le vice-président. Dans les négociations avec les socialistes, ERC avait exigé un geste politique en faveur de Junqueras de la part de l'État espagnol. L'avocat de l'État a demandé lundi à la Cour suprême d'autoriser Junqueras à sortir temporairement de prison pour prendre ses fonctions de député européen, en application d'une décision de la justice européenne. La Cour Suprême doit rendre sa décision dans les jours à venir. 

Traduction de Pere Aragones, vice-président catalan (ERC) "Le conseil national d'Esquerra Repúblicana, avec 96,5% des voix, avec le conseil le plus fréquenté de ces dernières années, a décidé de valider cette table de négociation avec l'Etat et donc de s'abstenir lors de l'investiture du candidat Pedro Sanchez dans les prochains jours au Congrès des Députés." -
 "Tout d'abord, la bilatéralité entre les gouvernements, entre les institutions, parce que les partis politiques ne sont pas... Ce n'est pas Esquerra Repúblicana (en tant que parti) qui doit négocier au nom de la Catalogne, cela doit être fait avec ses institutions. Ce droit a été nié jusqu'à présent et nous allons utiliser nos 13 députés, en prenant le risque politique que cela implique du point de vue des partis, pour faire primer l'intérêt de tout le pays." -
 "La proposition est que dans les 15 jours suivant la formation du gouvernement espagnol, cette table de négociation soit mise en place. Et quatrièmement, des assurances, nous avons toujours dit qu'un problème politique, qui doit être résolu politiquement, doit s'achever par la parole des gens. Et c'est pourquoi les accords qui peuvent naître de cette table devront être validés par les citoyens de Catalogne dans le cadre d'une consultation légale et concertée qui doit permettre au peuple de s'exprimer."
"Nous pensons que le drapeau du dialogue et de la négociation est l'une des plus grandes normes de ceux qui défendent l'indépendance de ce pays. Nous ne pouvons pas renoncer à ce drapeau, ni devant nos citoyens, ni devant les citoyens espagnols, ni devant la communauté internationale. Nous ne le ferons pas, c'est notre drapeau, le drapeau de l'indépendance."

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