Elections législatives en Espagne : les cinq visages à suivre ce dimanche

Pedro Sanchez (PSOE) – le favori des sondages

Pedro Sanchez, c’est d’abord le Premier ministre sortant. Pour lui, l’enjeu est clair : se maintenir au pouvoir mais cette fois, avec toute la légitimité des urnes. Le socialiste est devenu chef du gouvernement en juin 2018 après avoir réussi le coup de force de renverser son prédécesseur, Mariano Rajoy (PP), suite à une motion de censure qui a été adoptée à une majorité de 180 députés sur 350. A l’époque, Pedro Sanchez a notamment pu compter sur les voix des députés de Podemos, le parti de gauche radicale, pour renverser Mariano Rajoy qui occupait le pouvoir depuis plus de 6 ans. Le PSOE avait déposé cette motion de censure suite à l’annonce de la condamnation du Parti Populaire pour corruption, dans le cadre du procès baptisé « Gürtel », une affaire qui a tenu toute l’Espagne en haleine.

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Pedro Sanchez (PSOE) lors d'un meeting électoral à Alicante (Espagne), le 20 avril 2019 © JOSE JORDAN - AFP

Selon les derniers sondages, Pedro Sanchez est le favori des législatives de ce dimanche avec 25 à 30% des intentions de vote. Une position qui, si elle se confirme, pourrait permettre au socialiste de conserver son poste de Premier ministre. Encore faudra-t-il qu’il puisse former une majorité, ce qui est loin d’être acquit à la vue des déclarations qui ont été faites par ses potentiels partenaires de majorité à gauche de l’échiquier politique.

Pablo Casado (PP) – le jeune outsider conservateur

A 38 ans Pablo Casado incarne la nouvelle vague de la droite espagnole. Après le départ forcé de Mariano Rajoy en 2018, le Parti Populaire a porté en première ligne, le 21 juillet, l’ancien leader de l’organisation des jeunes du PP. Mais au-delà de son jeune âge, c’est la vision de Pablo Casado pour le parti qui a marqué les esprits. Ce proche de l’ancien Premier ministre Jose Maria Aznar a décidé de défendre un important virage idéologique à droite, ce qui a, à l’époque, séduit les élus les plus conservateurs du PP. Pablo Casado défend « la famille » et le droit à la vie, il plaide pour la baisse des impôts sur le revenu et des sociétés, il a aussi rapidement critiqué le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez sur les questions liées à la gestion de la crise migratoire.

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Pablo Casado, candidat du Parti populaire (PP) lors d'un discours de campagne à Barcelone, le 8 avril 2019 © JOSEP LAGO - AFP

Autre cheval de bataille de Pablo Casado : la défense de l’unité de l’Espagne face aux volontés indépendantistes. Un thème auquel est sensible une partie importante de l’électorat en Espagne. C’est aussi sous l’impulsion de Pablo Casado que le PP a scellé une alliance avec Vox, le parti d’extrême droite, et les libéraux de Ciudadanos en Andalousie pour évincer les socialistes de cette région traditionnellement acquise. Une telle alliance est-elle possible au niveau du parlement espagnol ? Pour l’instant, le PP est crédité de 20% des voix dans les sondages et Pablo Casado a déjà laissé entendre qu’il pourrait se rapprocher de Vox si cela peut permettre de barrer la route aux socialistes.

Albert Rivera (Ciudadanos) – le partenaire tout tracé du PP ?

Tout comme Pablo Casado, Albert Rivera est jeune (39 ans), libéral, il défend bec et ongles l’unité de l’Espagne face aux indépendantistes et il refuse catégoriquement tout rapprochement avec Pedro Sanchez. Ce Barcelonais reproche notamment au socialiste de ne pas avoir été assez ferme vis-à-vis des positions indépendantiste en Catalogne. C’est donc assez logiquement qu’Albert Rivera a déjà proposé au PP une alliance en vue de former, si l’électeur le permet, un futur gouvernement. Officiellement, Albert Rivera se définit plutôt comme centriste et progressiste et quelques observateurs lui prêtent une proximité idéologique avec un certain… Emmanuel Macron.

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Albert Rivera, leader de Ciudadanos lors d'une conférence à Madrid le 28 mai 2018 © PIERRE-PHILIPPE MARCOU - AFP

Tout comme le leader du PP, Albert Rivera veut voir les socialistes dans l’opposition après le scrutin du 28 avril. Pour l’instant crédité de 15% des voix, Albert Rivera pour Cuidadanos a déjà dit qu’il accepterait une alliance au Parlement espagnol avec le PP et donc aussi, potentiellement, avec Vox.

Pablo Iglesias (Podemos) – le meilleur allié du PSOE ?

Pablo Iglesias ne semble pas en position de force à quelques heures du scrutin. Le leader de la gauche radicale est bien seul depuis le départ d’Inigo Errejon Galvan, l’ancien numéro deux et cofondateur du parti. Un départ illustratif des divisions internes au sein de Podemos, ce qui fait dire à certains observateurs que le parti anti-austérité est en crise. Aujourd’hui, Pablo Iglesias, fils d’activistes de gauche, va tenter de récolter assez de voix pour continuer de se positionner comme le meilleur allié du PSOE.

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Pablo Iglesias, Ciudadanos, en campagne à Palma de Majorque le 15 avril 2019 © JAIME REINA - AFP

Pour l’instant crédité de quelque 13% des intentions de votes dans les sondages, Pablo Iglesias va aussi tenter de faire oublier les polémiques de ces derniers mois. On se souvient notamment des révélations concernant l’achat, par Pablo Iglesias et sa compagne, numéro 3 du parti, d’une luxueuse maison dans les environs de Madrid évaluée à plus 600.000 euros.

Santiago Abascal (Vox) – le retour de l’extrême droite au parlement ?

En 2013, quelques dissidents du Parti Populaire créaient Vox, une formation d’extrême droite dont le rôle politique est resté tout à fait marginal jusqu’en 2017. Cette année-là, la crise politique bat son plein en Catalogne et un homme, Santiago Abascal, part en croisade contre les indépendantistes catalans. Il se présente comme un défenseur absolu de l’unité de l’Espagne, ce qui contribue à forger sa popularité auprès d’un certain électorat. En décembre 2018, autre rebondissement, Vox fait sont entrée au parlement de la région d’Andalousie où le parti offre son soutien pour former une coalition composée par ailleurs du PP et de Ciudadanos. Depuis lors, la popularité de Santiago Abascal et de Vox est devenue significative.

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Santiago Abascal, Vox, en campagne à Burgos (Espagne) le 14 avril 2019. © CESAR MANSO - AFP

Le programme de Vox est résolument anti-immigration. Des thèmes comme le mariage homosexuel, l’avortement, l’euthanasie ou la législation sur les armes sont aussi dans le viseur de cette formation politique. Pour l’instant, les sondages évoquent 12% des intentions de vote pour Vox mais il est très difficile de prévoir quelle sera l’ampleur du soutien des électeurs espagnols à ce parti qui n’a pas participé aux dernières élections législatives. Une chose semble certaine, pour la première fois depuis la chute du franquisme, un parti d’extrême droite devrait pénétrer au parlement espagnol.

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