Elections législatives aux Pays-Bas: dernière ligne droite pour séduire les indécis

Elections législatives aux Pays-Bas: dernière ligne droite pour séduire les indécis
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Elections législatives aux Pays-Bas: dernière ligne droite pour séduire les indécis - © EMMANUEL DUNAND - AFP

Les chefs des plus grands partis néerlandais s'affrontent mardi dans un ultime débat télévisé pour séduire des millions d'électeurs indécis au terme d'une campagne électorale phagocytée par une crise diplomatique avec Ankara.

A la veille d'un scrutin législatif crucial qui pourrait redessiner entièrement le paysage politique des Pays-Bas, 60% des 12,9 millions d'électeurs potentiels ignorent toujours s'ils se rendront mercredi à l'isoloir ou pour qui ils voteront parmi un nombre record de 28 partis candidats.

"C'est tellement volatil, beaucoup de choses peuvent encore se passer", explique à l'AFP Monika Sie Dhian Ho, directrice d'un centre de réflexion à La Haye, l'Institut Clingendael, évoquant des programmes politiques aux différences peu marquées et l'importance des performances médiatiques des politiciens. C'est pourquoi le débat de mardi entre les têtes de file des huit plus grands partis peut encore redistribuer les cartes.

Mark Rutte toujours en tête

Selon la dernière étude publiée lundi par le site de référence Peilingwijzer, le Parti populaire libéral et démocrate (VVD) du Premier ministre Mark Rutte, toujours en tête, représente 17% des intentions de vote. Il est crédité de 24 à 28 sièges sur les 150 que compte la chambre basse du Parlement, loin des quarante dont il dispose actuellement.

Candidat à un troisième mandat à la tête du pays de 17 millions d'habitants, Mark Rutte dit "se battre très fort" pour "éviter de se réveiller le 16 mars dans un pays où Geert Wilders est la plus grande force politique".

Surfant sur la vague anti-immigration en Europe, ce député d'extrême droite a vu cependant ces dernières semaines son Parti pour la Liberté (PVV) reculer, avec 14% des intentions de vote et 20 à 24 sièges crédités.

Chassez cet homme

"Si vous voulez que les Pays-Bas soient à nouveau à nous, alors chassez cet homme et placez-moi dans la Torentje", le bureau du Premier ministre, a lancé Geert Wilders dans un virulent face-à-face télévisé avec le Premier ministre.

Les élections aux Pays-Bas sont considérées comme un baromètre de la montée de l'extrême droite en Europe en cette année d'élections à travers le continent.

Connu pour sa virulente rhétorique anti-islam, l'élu à la chevelure péroxydée a promis, s'il devenait Premier ministre, de fermer les frontières aux immigrants musulmans, d'interdire la vente du Coran et de fermer les mosquées, dans un pays dont la population compte environ 5% de musulmans, selon les estimations.

"Je ne collaborerai pas avec un tel parti, monsieur Wilders, pas dans un gouvernement. Jamais", a déclaré Mark Rutte lundi lors du débat.

Même si son PVV devenait la plus grande formation à l'issue du scrutin, ce qui est peu probable aux yeux des analystes, le député controversé ne figurera probablement pas au gouvernement, la majorité des autres partis ayant juré de ne pas collaborer avec lui.

Et dans le paysage politique fragmenté, le prochain gouvernement pourrait être composé de quatre à cinq partis, une coalition peut-être plus fragile.

Faiseurs de rois

Le compte à rebours final a lieu dans un climat de crise diplomatique entre La Haye et Ankara, après l'interdiction faite par les autorités néerlandaises à des ministres turcs de participer à des meetings en faveur du président Recep Tayyip Erdogan à Rotterdam.

Sorti renforcé dans l'opinion de cet épisode d'après les analystes, le Premier ministre plaide pour "une désescalade" de la crise avec Ankara.

Geert Wilders, de son côté, a enjoint au gouvernement sur Twitter de faire monter la pression: "Expulser l'ambassadeur turc des Pays-Bas et l'équipe toute entière".

"Il y a une différence entre tweeter de son canapé et diriger le pays. Si on dirige le pays, on prend des mesures sensées", a lancé Mark Rutte, ressorti vainqueur de son duel selon les médias néerlandais.

Les partis traditionnels, comme l'Appel démocrate chrétien (CDA) ou les Démocrates 66 (D66), pourraient jouer un rôle clé dans une future coalition, celui de faiseurs de rois.

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