Elections françaises : Xavier Bertrand, l’homme du Nord, pourrait-il perturber un duel Macron-Le Pen à la présidentielle ?

Ce dimanche, les Français sont appelés aux urnes pour le deuxième et dernier tour pour les élections départementales et régionales. Dans les Hauts-de-Frane, le candidat qui pourrait bien tirer son épingle du jeu est le candidat des Républicains Xavier Bertrand. Actuel président des Hauts-de-France, il a cartonné dans sa région en obtenant 41%. Le candidat du Rassemblement national, 24 et la liste de la gauche unie, 18. La liste de la majorité présidentielle emmenée par Laurent Pietraszewski, le secrétaire d’Etat à la réforme des Retraites, n’a pas dépassé les 10%.

Un premier tour idéal pour Xavier Bertrand. Il y a six ans, il avait dû compter sur les voix de la gauche, la liste s’était retirée au nom du Front républicain, pour battre Marine Le Pen. Cette fois-ci, il est sur du velours pour le deuxième tour. Un pas qui le rapproche un peu de son cap : la présidentielle de 2022.

Son objectif : l’Elysée

Xavier Bertrand ne cache plus son ambition. Bien gagner la région des Hauts-de-France, c’est un pas de plus pour se projeter vers la présidentielle de l’an prochain. Pour cette dame qui ne cache pas le soutenir : " Il a accompli pas mal de choses au niveau de l’emploi et de la santé. Il n’a plus rien à prouver au niveau régional. Et je crois que pour le deuxième tour ce dimanche, les gens vont voter encore plus massivement pour lui."

Et pour se positionner, les Hauts-de-France ont été un bon marchepied. Depuis 2015, depuis sa première élection à la tête de la région, Xavier Bertrand n’a pas vraiment changé de ligne. Il veut apparaître comme un pragmatique proche des gens, comme un homme du terroir, de la France profonde. Une France différente des cénacles parisiens.


►►► A lire aussi : A un an de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron affine sa stratégie


En 2015, il expliquait déjà : " Je revendique le bon sens. Je n’ai pas fait l’ENA et les grandes écoles parisiennes. Et je n’ai pas d’ordre à aller chercher à Paris." Et de rajouter alors : "Au niveau national, si tout le monde avait été efficace, cela se saurait et je vise tous les ténors nationaux sans distinction." Amusant alors que Xavier Bertrand a été, au plus près de "ténors nationaux", il a été ministre sous Jacques Chirac et sous Nicolas Sarkozy.

Il veut rassembler mais aussi faire du Sarkozy

Dans ses propositions pour la présidentielle de l’an prochain, Xavier Bertrand qui aime se présenter comme un gaulliste social, reprend aussi bon nombre de lignes du programme de 2007 de l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy. Xavier Bertrand dit vouloir notamment : "valoriser le travail, remettre l’autorité à l’avant-plan et représenter le peuple." La sécurité est aussi l’une de ses priorités. Il propose notamment d’abaisser la majorité pénale à 15 ans.

Sa cible aujourd’hui : l’extrême-droite

Face au Rassemblement national, sa ligne est claire. Il faut combattre l’extrême-droite. Et ces derniers jours, face à des deuxième tours aux élections départementales qui opposent des candidats de gauche et notamment des communistes à des candidats d’extrême-droite, Xavier Bertrand a ouvertement apporté son soutien aux candidats de gauche. "Je vous appelle à un sursaut républicain pour que le Rassemblement national ne gagne aucun canton."

Ses principaux adversaires sont d’abord dans son camp

Pour se présenter à l’Elysée, Xavier Bertrand, 56 ans, n’a pas encore franchi tous les écueils. En effet, aujourd’hui, personne ne sait qui sera le candidat de la droite et personne ne sait encore avec précision comment il sera désigné. Surtout que Xavier Bertrand présente la particularité d’avoir quitté Les Républicains en 2017 juste après la désignation à la présidence du parti de Laurent Waucquiez. Pour lui, Laurent Waucquiez incarnait une ligne très à droite.

Mais voilà, aujourd’hui, et c’est le paradoxe, Xavier Bertrand pourrait avoir face à lui, Laurent Waucquiez qui vient de cartonner dans sa région d’Auvergne-Rhône-Alpes ou Valérie Pécresse, bien partie pour gagner à nouveau en Ile-de-France. Sans oublier Michel Barnier qui a négocié le Brexit pour l’Union européenne et qui visiblement n’écarte pas l’idée d’être candidat à la prochaine présidentielle.

Encore loin derrière dans les sondages

Les résultats du premier tour des élections régionales et départementales de dimanche dernier ont été marqués par un fort taux d’abstention : 66% mais aussi de mauvais résultats pour le Rassemblement national et les listes de la majorité présidentielle. Alors que dans le même temps, les Républicains, la droite classique a repris des couleurs. Et donc, à droite, on reprend espoir pour la présidentielle de l’an prochain.


►►► A lire aussi : Elections françaises : une abstention record à 68% et le Rassemblement national est en baisse par rapport à 2015


Mais pour Pierre Mathiot, le directeur de Sciences Po à Lille, "des élections régionales et départementales ne peuvent être comparées à une élection présidentielle. Et donc, il ne faut pas en tirer comme conséquence que Macron et Le Pen vont être sur la touche dans un an."


►►► A lire aussi : Les jeux sont-ils déjà faits en France, avec un nouveau duel Macron-Le Pen à la présidentielle ?


Et justement, jusqu’à présent, tous les sondages pour la présidentielle d’avril 2022 donnent toujours Emmanuel Macron et Marine Le Pen loin devant les autres candidats. Mais Xavier Bertrand, petit à petit, monte dans les sondages. Dans le dernier, fin juin, il occupe toujours la troisième place mais il est crédité de 18%. La campagne est encore longue et ce ne sont encore que des sondages.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK