Elections françaises : une abstention record à 68% et le Rassemblement national est en baisse par rapport à 2015

Ce qu’on retiendra d’abord de ce scrutin régional et départemental, c’est un taux de participation extrêmement bas. 32% des Français et Françaises seulement ont été voter. En 2015, lors du dernier scrutin régional, le taux de participation était alors de 50%.

Un résultat qui inquiète sans surprendre

D’abord, l’enjeu des élections régionales et départementales ne passionne pas les Français. " On ne connaît pas bien leurs compétences et utilités" est une phrase souvent entendue ces dernières semaines. Et donc, pas d’intérêt particulier pour aller voter.

Et puis, après des mois de confinement et un dimanche marqué par le soleil, la priorité, surtout chez les jeunes, n’était pas ce scrutin.

Enfin, et le plus interpellant est là, bon nombre de Français se disent désenchantés, voire dégoûtés par la politique. Avec souvent un même argument qui revient : " On a déjà tout essayé et rien ne change".

Le Rassemblement national est en net recul

Par rapport aux sondages et au scrutin régional de 2015, le parti d’extrême-droite est en forte baisse. Deux exemples. Dans les Hauts-de-France, Xavier Bertrand, le président sortant de la région, président de droite qui veut se projeter vers l’élection présidentielle de l’an prochain, obtient 43%. Le candidat du Rassemblement national n’obtient, lui, que 24%. En 2015, Marine Le Pen, tête de liste dans cette région était arrivée en tête avec 40% pour seulement alors 24% à Xavier Bertrand.

Autre exemple : en région PACA, pour Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Rassemblement national était donné vainqueur dans tous les cas de figure. Mais ce soir, à l’issue du premier tour, Renaud Muselier, le président sortant et tête de liste des Républicains est juste derrière Thierry Mariani, la tête de liste du Rassemblement national. Alors que dans les sondages, Thierry Mariani était donné largement devant.

La tension va être à son comble dans cette région. La seule que le Rassemblement national peut encore espérer gagner et qui apparaîtrait comme un trophée symbolique pour Marine Le Pen. Et dans ce contexte, Jean-Laurent Félizia, membre d'Europe Ecologie-Les Verts, qui conduit la liste de gauche, arrivée troisième dans cette région, a décidé de la maintenir au second tour. Un choix désavoué par les instances nationales du PS et des Verts. Un peu contraint et forcé, Jean-Laurent Félizia a finalement décidé de retirer sa liste pour faire barrage à l'extrême-droite. Un choix qui implique qu'il n'y aura pas d'élus de gauche au sein du futur conseil régional.

En 2015, le parti d’extrême-droite était arrivé en tête dans six régions sur douze de l’Hexagone au soir du premier tour. Ce soir, sur la base des premiers résultats, ce n’est le cas qu’en région PACA mais de très peu et avec 6% de moins qu’il y a six ans.

Autres résultats révélateurs parmi d'autres, en Occitanie, la région de Toulouse et Montpellier, il y a six ans, le Rassemblement national avait obtenu 31%, 22 cette fois-ci. En Bourgogne-Franche-Comté, le Rassemblement national n’obtient que 23%. Il en avait 31 en 2015.

Ce n’est pas la joie non plus chez Emmanuel Macron

Les listes LREM, La République en Marche, ou majorité présidentielle, ne cartonnent vraiment nulle part. L’avantage pour ce parti est que comme il n’existait pas encore en 2015, les éléments de comparaison sont difficiles. Mais il y a clairement un problème d’ancrage local pour le parti du Président de la République. Un constat déjà établi il y a un an lors des élections municipales.

Ce soir, par exemple, dans les Hauts-de-France, la liste menée par Laurent Pietraszewski, le secrétaire d’Etat en charge des Retraites, obtient moins de 10% et ne peut maintenir sa liste pour le second tour. Et pourtant, pour ce scrutin, Emmanuel Macron y avait envoyé des hommes forts de son gouvernement comme Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur et Eric Dupond-Moretti, le ministre de la Justice pour contrer Xavier Bertrand. Mais ce dimanche soir, pour faire barrage au Rassemblement national, Laurent Pietraszewski appelle à voter pour Xavier Bertrand.

 

La prime aux présidents sortants

A droite, d’abord avec Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France, Valérie Pécresse en Ile- de-France ou Laurent Waucquiez en Auvergne-Rhône-Alpes. Tous trois savent déjà qu’ils ont course gagnée. Particularité : outre Xavier Bertrand, déjà en course pour l’Elysée, les deux autres n’excluent pas l’idée de se lancer aussi dans la course présidentielle.

A gauche et surtout au PS, on se montre plutôt satisfait des résultats. En Occitanie ou en Nouvelle-Aquitaine notamment, les présidents sortants, Carole Delga et Alain Rousset sont en bonne voie pour rester en place.

Le paradoxe de ce scrutin

Ce dimanche soir, le Rassemblement national et La République en Marche, les partis de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron n’ont pas connu le succès. Et pourtant, jusqu’à présent, dans tous les sondages, ils sont donnés tous les deux présents au second tour de l’élection présidentielle de l’an prochain. Comme cela s’était passé en 2017. Mais prudence, ce ne sont que des sondages.

 

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