Elections françaises: la folle semaine d'Emmanuel Macron sur Twitter

Elections françaises: la folle semaine d'Emmanuel Macron sur Twitter
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Elections françaises: la folle semaine d'Emmanuel Macron sur Twitter - © VALERY HACHE - AFP

Rumeurs d’homosexualité cachée avec le président de Radio France, évocation d’une histoire de patrimoine négatif, opération de dénigrement du Front National, soupçons d’être un agent à la solde des lobbies bancaires américains : la semaine d’Emmanuel Macron n’a pas été de tout repos sur les réseaux sociaux.

Peut-on pour autant dire qu’il est particulièrement visé depuis qu’il a ravi la deuxième place à François Fillon dans les sondages ? Récit de sa folle semaine.

Lundi : couper court à la rumeur

Le lundi, Emmanuel Macron communique lors d’un meeting, annonçant que si on le voit en présence de Matthieu Gallet, président de Radio France, c’est qu’il s’agit forcément d’un hologramme (une référence à l’hologramme de Jean-Luc Mélenchon). Il coupe ainsi une rumeur qui circule depuis longtemps dans les milieux parisiens, mais qui a connu une certaine recrudescence sous l’impulsion de la patriosphère, courant très à droite du Web francophone.

Celle-ci avait déjà mené une offensive à la fin janvier, mais c’est la censure d’un article de Closer couplé à un article diffusé par Sputnik International citant un député français pro-Russe, Nicolas Dhuicq, qui va accélérer sa prise de parole puisque le soir même, Emmanuel Macron communique sur le sujet.  Sa folle semaine pouvait ainsi débuter.

Mercredi : un vieil article réapparaît dans la complosphère

Un article publié initialement en juin 2016, qui joue sur ses déboires avec le fisc français (il est rattrapé par l’ISF) et sous-entendant qu’il y a encore des choses cachées, réapparaît de manière mystérieuse. Celui-ci est partagé par une majorité de sites appartenant à la communauté des complotistes comme Égalité et Réconciliation.

Le contenu est copié mot pour mot sur tous les sites ci-dessus (sauf pour Egalité et Reconciliation qui fait un mix d’articles en le citant) et par le même auteur sur toute une galaxie de sites.

Mais le plus intéressant, c’est que son auteur, Olivier Berruyer, est celui qui court au secours de Russia Today pour dire à quel point la thèse selon laquelle la volonté d’influence des autorités russes sur la présidentielle française est une chose totalement farfelue.

Jeudi : une opération de la patriosphère

Jeudi, une opération est menée par la patriosphère. Comme à leur habitude, elle est lancée à 18 h tapante et porte le hashtag #LeVraiMacron.

Rapidement, le hashtag atteint le "trending topic", la liste des tendances émergentes permettant d’élargir l’audience. Ses prises de position pro-immigration, son utilisation de deniers publics pour sa campagne, "le candidat des médias", et autres : tout y passe. Remarquant l’opération, les troupes numériques d’Emmanuel Macron vont alors pratiquer un hijacking en inondant le hashtag de contre-messages.

Comme le label du hashtag n’est pas négatif (LeVraiMacron), l’initiative est plutôt fructueuse malgré le fait qu’ils soient en infériorité d’effectifs.

Vendredi : scène de trahison au journal Le Monde

Vendredi, c’est son passé de banquier qui ressurgit sur les réseaux sociaux à la suite d’un article provenant d’un ancien journaliste du Monde. Il raconte comment d’abord séduit par le candidat, il s’est retrouvé trahi par celui-ci au moment où Le Monde était au plus mal.

Alors peut-on autant dire que le candidat Macron est attaqué de toute part ? Plus ou moins. Si l’on compare les communautés provenant de tous les tweets avec "Macron", il a bien plus d’adversaires (FN, gauche, Fillon) par rapport aux communautés des tweets avec "Mélenchon". (Le FN uniquement). Par ailleurs, on remarque que sa propre communauté n’émerge pas autour des discussions à son propos. De quoi confirmer une étude sortie vendredi qui pointe le fait que sa campagne ne prend pas sur les réseaux sociaux. 

Une chose est donc certaine : le candidat est maintenant la cible de presque tous ses adversaires. De plus, des anciens dossiers le concernant commencent à refaire surface (Le Monde, fisc, frais de bouche, etc.) alors que le candidat est également critiqué pour n’avoir toujours pas publié son programme. Les prochaines semaines de ses équipes de communication risquent donc d’être assez tumultueuses, et il faudra voir si l’ancien ministre ne va pas payer dans les sondages la succession de ces attaques. La campagne présidentielle française est tout sauf jouée.

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