Elections en RDC: pannes et irrégularités multiples émaillent le début des scrutins

Un citoyen congolais vote dans le district de Victoire à Kinshasa
Un citoyen congolais vote dans le district de Victoire à Kinshasa - © JOHN WESSELS - AFP

Pannes des "machines à voter", fermeture de bureaux de vote, tentatives de fraudes, d'intimidation ou de corruption, difficultés d'accès des témoins..., les témoignages se multiplient dimanche matin sur les réseaux sociaux et dans les médias locaux pour énumérer les lacunes de l'organisation des élections présidentielle en République démocratique du Congo (RDC). 830 bureaux de vote n'ont simplement pas pu ouvrir selon un premier rapport des évêques de l'Eglise catholique, l'un des organe observateur de ces élections. 

"2.853 bureaux de vote étaient ouverts à 06H00. Cependant 830 n'étaient pas encore ouverts pour les raisons suivantes: aménagement tardif, procédures d'ouverture trop longues, dysfonctionnement de la machine à voter...", ont détaillé les évêques dans un premier rapport partiel sur la journée électorale.

Au total "846 bureaux de vote sont installés dans des lieux prohibés", détaille la Cenco, qui cite des "camps militaires, des débits de boisson, des habitations privées...".

"918 rapports attestent que l'ouverture des bureaux de vote a connu des incidents qui seront détaillés dans le prochain communiqué à 14H00", a promis la Cenco.

A de nombreux endroits, les électeurs n'ont pas retrouvé leur nom sur les listes électorales en principe affichées devant les bureaux de vote - qu'ils n'ont souvent découvert qu'en dernière minute en raison de la fermeture de milliers d'entre eux par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), selon de multiples témoignages.

A Kinshasa, des électeurs ont protesté contre un gros retard pour l'ouverture du bureau de vote installé dans le collège Saint-Raphaël dans la commune de Limete, un bastion de l'opposition, a constaté une équipe de l'AFP.

Le bureau n'a pu ouvrir en raison de l'absence de listes électorales comprenant le nom des électeurs et leur bureau.

C'est le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) Corneille Nangaa en personne qui a amené les listes, provoquant une manifestation spontanée de colère aux accents politiques.

Des couacs dans l'utilisation des "machines à voter" 

Des files d'attente étaient parfois très longues, d'autant plus que l'utilisation des "machines à voter" se révèle difficile.

A Lubumbashi, le chef-lieu de la province du Haut-Katanga (sud-est), un seul des 27 bureaux de vote du centre de la clinique vétérinaire était opérationnel à 09h30 locales, a rapporté le site Actualité.cd.

Dans le chef-lieu du Sud-Kivu (est), Bukavu, "trois "machines à voter" sont en panne" après 75 minutes de vote à l'institut de Bagira, a rapporté un témoin sur Whatsapp.

A Mbuji-Mayi, un fief du parti d'opposition UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès social), le gouverneur de la province du Kasaï (centre), Alphonse Ngoyi Kasanji - également candidat député national -, "distribue (de) l'argent aux électeurs" en leur demandant de voter pour le "dauphin" du président sortant Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, a indiqué Actualité.cd.

"Cette attitude du gouverneur décourage certains habitants de Mbuji Mayi d'accomplir leur devoir civique", précise ce site.

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