Elections en RDC: l'Union Africaine pour une "contestation pacifique", la France pas convaincue

Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères.
Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères. - © LUDOVIC MARIN - AFP

La France a estimé jeudi que les résultats de l'élection présidentielle en République démocratique du Congo annoncés mercredi n'étaient "pas conformes" aux attentes et que l'opposant Martin Fayulu en était "a priori" le vainqueur.

L'Union Africaine demande une contestation pacifique

L'Union Africaine communique cette après-midi sur les résultats des élections. Pour le président de la Commission de celle-ci, Moussa Faki Mahamat, "il est important que toute contestation des résultats proclamés, notamment celle portant sur leur non conformité avec la vérité des urnes, se fasse pacifiquement, par le recours aux procédures prévues (...)". Le président en a également profité pour adresser ses "féliciations au peuple, aux acteurs politiques, à la société civile et aux institutions compétentes de la RDC". Une mission d'observation de l'Union Africaine avait par ailleurs jugé que les conditions du scrutin étaient "satisfaisantes".

La Commission européenne et l'ONU prudentes

La Commission européenne a "pris note des résultats provisoires" de l'élection présidentielle en République démocratique du Congo mais aussi du fait "(...) qu'ils sont contestés par une partie de l'opposition", c'est ce qu'a expliqué la porte-parole de la Commission ce matin. Prudence du côté de la Commission européenne qui ne se prononce pas encore sur les résultats. "Nous attendons d'avoir un retour des missions d'observation sur place, notamment de certains de nos partenaires africains" a également expliqué la porte-parole.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres appelle toutes les parties à "s'abstenir" d'actes de violence après la proclamation des résultats en RDC. Selon le chef de l'ONU, il faut "régler tout contentieux électoral par les mécanismes institutionnels établis conformément à la Constitution de la République démocratique du Congo et aux lois électorales pertinentes". 

Des résultats "non conformes" selon la France

"Il semble bien que les résultats proclamés ne soient pas conformes aux résultats que l'on a pu constater ici ou là", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sur la chaîne d'information CNEWS.

"La conférence épiscopale du Congo a fait des vérifications, a annoncé des résultats qui étaient totalement différents", a-t-il ajouté.

Le candidat de l'opposition Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur de l'élection du 30 décembre avec 38,57% des voix devant l'autre tête de l'opposition divisée, Martin Fayulu (34,8%). Celui-ci a aussitôt contesté le résultat et dénoncé un "putsch électoral".

La puissante conférence épiscopale congolaise (Cenco), qui avait déployé une mission d'observation du scrutin, avait déclaré le 4 janvier connaître le nom du vainqueur, sans le nommer.

"Il faut qu'on garde son calme, qu'on évite les affrontements et que la clarté soit faite sur ces résultats qui sont inverses à ce que l'on imaginait, à ce qui était avancé", a poursuivi Jean-Yves Le Drian.

"Cela peut mal tourner parce que M. Fayulu était a priori le leader sortant de ces élections", a-t-il ajouté.

"La France a saisi le Conseil de sécurité en fin de semaine dernière pour que les résultats constatés soient les résultats réels", a-t-il poursuivi. "Elle souhaite que les chefs d'Etat africains et les organisations africaines puissent agir pour que les résultats soient les vrais résultats des élections."

 

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