Elections en Italie: Berlusconi et un ancien comique perturbent le jeu

Silvio Berlusconi va-t-il revenir au pouvoir en Italie ?
Silvio Berlusconi va-t-il revenir au pouvoir en Italie ? - © Tous droits réservés

Les élections législatives en Italie sont prévues les 24 et 25 février prochain. En attendant, la campagne électorale bat son plein dans une ambiance très virulente avec des promesses financières parfois totalement irréalisables. Malgré tout, de nombreux Italiens semblent séduits. Silvio Berlusconi vient ainsi de réaliser une forte remontée. Son parti, le Peuple de la liberté (PDL), est crédité de 19,3% des voix et sa coalition de centre-droit de 27,8% des voix, selon un dernier sondage publié vendredi dernier.

Silvio Berlusconi profite du scandale de la banque Monte Paschi. Il faut dire que le Parti démocrate (PD) de Pier Luigi Bersani (désormais crédité à 32,8% des voix), est lié depuis des décennies à la banque toscane, fondée il y a 540 ans à Sienne, via la présidence de la région Toscane et une fondation caritative qui est le principal actionnaire de l'établissement.

Pour réduire encore l'écart sur ses adversaires, le Cavaliere, a annoncé ce dimanche à la foire de Milan, qu'en cas de victoire aux prochaines élections, "nous adopterons, dès le premier conseil des ministres, la restitution de la taxe sur l'habitation principale versée en 2012". L'homme, qui a dirigé l'Italie de 2001 à 2006 et de 2008 à novembre 2011, et mène tambour battant sa sixième campagne électorale en 18 ans, avait déjà promis de supprimer l'IMU sur l'habitation principale à son éventuel retour au gouvernement. 

Monti accuse Berlusconi d'acheter les Italiens
 
Silvio Berlusconi tente d'acheter les Italiens en leur faisant la promesse électorale de restituer les montants versés en 2012 pour l'impopulaire taxe d'habitation IMU, a dénoncé ce lundi son adversaire et chef du gouvernement démissionnaire Mario Monti, dont la liste centriste atteint seulement 14,2% des intentions de vote. 
 
"C'est une sympathique tentative de corruption. Je t'achète ton vote avec de l'argent et cet argent est celui des citoyens", a commenté l'ancien commissaire européen avec son habituelle ironie froide, sur la radio RTL.
 
Mario Monti a poursuivi sur le même ton pour démontrer l'incohérence des promesses de son rival de centre-droit : "Je suis encore plus imbécile parce que j'ai fait appliquer des augmentations d'impôt en grande partie déjà décidées" par le gouvernement précédent de Silvio Berlusconi, a-t-il observé, en réaction aux propos de ce dernier qui avait prétendu que "n'importe quel imbécile est capable d'augmenter les impôts".
 
Mario Monti a averti une nouvelle fois que "si la communauté financière internationale évaluait le programme de Berlusconi (...), il y aurait quelque risque d'une hausse des taux d'intérêt" au détriment de l'économie italienne.
 
En s'attaquant à l'IMU, le Cavaliere touche un nerf sensible, la taxe ayant été particulièrement mal ressentie par les Italiens.
 
Avant d'annoncer sa "proposition-choc", présentée comme telle par son équipe aux médias, Silvio Berlusconi avait accusé l'IMU de tous les maux dont souffre l'Italie, estimant que "l'incertitude créée a été le premier facteur de la crise" économique que traverse le pays.
 
L'outsider, un comique reconverti à la politique
 
Parallèlement, Beppe Grillo, un comique reconverti en politique fait beaucoup parler de lui depuis ce weekend. Ce populiste, leader de la "Movimento5stelle" ("Mouvement 5 étoiles"), a dérapé lors d'un meeting électoral à Bologne. Le journal Le Soir reprenait ses propos ce lundi matin : "L'Italie est l'alliée de la France qui bombarde le Mali. Si Al-Qaïda se fâche nous subirons des représailles (...). Et s'ils veulent nous bombarder, on va leur donner les coordonnées exactes : 41° 54 latitude nord (...). C'est dans une petite ville riante, un peu au sud de Bologne...à Rome, le Parlement ! Mais qu'ils le fassent avant le 25 février. Après nous serons là!".  
 
En attendant, le parti de Beppe Grillo est désormais crédité de 18% des voix (ce qui est 4% de plus que le parti de Mario Monti), soit à la troisième place des intentions des votes. Chez les jeunes de moins de 23 ans, l'homme recueillerait même 30% des intentions de vote. 
 
Un engouement dont témoigne cette déclaration d'un de ces jeunes publiée par Le Soir : "Il est peut-être trop agressif, trop clown, trop vulgaire dans sa façon de s'exprimer mais ce qu'il dit est tellement juste"
 
"Un festival de promesses et de fables indignes"
 
Pour l'instant, malgré le scandale de la banque Monte Paschi, le chef du Parti démocrate (PD), candidat de la gauche, Pier Luigi Bersani, est toujours donné vainqueur avec 32,8% des intentions de vote (il a perdu 1,6 point en une semaine).    
 
Lors d'un premier meeting donné avec son ex-rival aux primaires de la gauche, Mateo Renzi (grand admirateur du président américain, Barack Obama), il s'est montré pugnace envers ses concurrents, dénonçant "un festival de promesses et de fables indignes" alors que le pays traverse "la crise la plus profonde de l'après-guerre".
 
"Ces trois derniers jours, entre les promesses de Mario Monti et de Silvio Berlusconi, on a déjà réussi à économiser 30 milliards d'impôts en 2014", lance-t-il. Maniant l'humour, il s'en prend aussi à Beppe Grillo qui "fait le tour de la Sicile en promettant 1000 euros par mois pour tous pendant trois ans, grosso-modo 100 milliards d'euros".
 
 
C.Biourge avec AFP et Reuters
 
 
 
 
 
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