Elections en Islande: les mythes ont la mémoire courte

Sigmundur Gunnlaugsson, leader du Parti du Progrès et Bjarni Benediktsson, leader du Parti Independence, les deux vainqueurs du scrutin.
Sigmundur Gunnlaugsson, leader du Parti du Progrès et Bjarni Benediktsson, leader du Parti Independence, les deux vainqueurs du scrutin. - © AFP / HALLDOR KOLBEINS

En Islande, c'est l'opposition de centre-droit qui sort gagnante des élections législatives du week-end. Elle profite ainsi de l'impopularité de la coalition de gauche au pouvoir après quatre années de rigueur budgétaire. On est donc loin du mythe islandais qui brossait le portrait d'un pays qui avait tourné le dos au système économique et financier classique pour remettre la population et la démocratie participative en selle.

Si l'Islande se porte bien, c'est notamment en raison d'une politique d'austérité dont souffre la population. Avec pour conséquence, aujourd'hui, le retour au pouvoir des partis qui étaient pourtant aux commandes au moment de la crise.

Une situation complexe qui s’explique, selon Cyril Coulet, spécialiste des pays nordiques, par une grande rotation des nouveaux partis. "Il y a quelque chose de paradoxal au fait que les formations politiques qui ont été désignées pendant un temps comme les responsables de cette situation sont aujourd’hui les grands vainqueurs du scrutin. Mais on n’arrive pas, par ailleurs, à avoir une offre politique alternative sous la forme d’un parti qui s’inscrive dans la durée. Ces formations disparaissent pratiquement aussi vite qu’elles sont apparues. Et elles sont remplacées par de nouvelles formations qui, pour l’instant, sont aussi éphémères que celles qui les ont précédées". Cette situation met en lumière le fait qu’il est difficile de passer à un mouvement de protestation  structuré qui inscrit son action dans le temps.

Odile Leherte

 

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