Élections au Bélarus : la rivale du président ne manifestera pas par crainte de "provocations"

La candidate de l'opposition à la présidentielle au Bélarus, qui en a rejeté lundi les résultats officiels, ne prendra pas part aux manifestations prévues dans la soirée pour éviter des "provocations" du pouvoir, selon sa porte-parole.

Svetlana Tikhanovskaïa "ne participera pas aux actions de protestation pour éviter les provocations, puisque le pouvoir pourrait organiser n'importe quelle situation provocatrice pour l'arrêter, or nous avons besoin d'elle en liberté", a indiqué à l'AFP la porte-parole de la candidate, Anna Krassoulina.

Des appels à manifester

Des appels à se rassembler lundi à partir de 19h00 (18h00 heure belge) à Minsk circulent sur la messagerie Telegram, ainsi que des mots d'ordre de grève.

Svetlana Tikhanovskaïa, qui a émergé en quelques semaines comme une rivale inattendue du chef de l'Etat Alexandre Loukachenko, n'a pas appelé les Bélarusses à descendre dans la rue. Elle a toutefois dénoncé une présidentielle falsifiée, refusant d'en reconnaître les résultats officiels qui créditent le président sortant de plus de 80% des voix.

Cette novice en politique de 37 ans a appelé le régime à lui "céder le pouvoir", disant se considérer comme le "vainqueur de ces élections".

Elle s'est rendu lundi soir à la Commission électorale pour exiger un nouveau comptage des voix.

Dimanche soir, dès l'annonce des sondages officiels donnant M. Loukachenko gagnant, des milliers de Bélarusses se sont rassemblés en divers endroits à Minsk et dans d'autres villes.

Ces manifestations spontanées ont été dispersées par la force par la police, qui a utilisé des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc, et a interpellé plus de 3.000 personnes. Une cinquantaine de civils et une quarantaine de policiers ont été blessés dans ces heurts selon un bilan officiel.

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