Elections américaines 2020 : si Donald Trump est réélu, à quoi faut-il s’attendre ? Demandez le programme

Ce 3 novembre, les électeurs de la plus grande puissance mondiale se sont rendu aux urnes pour élire leur prochain dirigeant. Si les résultats ne sont pas encore définitifs, Donald Trump pourrait l’emporter. Il lui faut 270 grands électeurs sur 538 pour remporter un deuxième mandat.

Le candidat président républicain semble avoir fait campagne sans réel programme, visant plutôt la continuité de son action. C’est d’ailleurs inscrit dans son slogan : le premier mandat sonnait au cri de "make America great again" (rendre à l’Amérique sa grandeur, ndlr), le second slogan de campagne est "keep America great" (conserver la grandeur de l’Amérique, ndlr).

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Une auto-congratulation de son action réalisée ses quatre dernières années. Pourtant l’Amérique n’a jamais été aussi divisée sur plusieurs questions. 

Si certains se réveilleront donc heureux du résultat, d’autres se réveilleront avec la gueule de bois. Mais qu’est ce qui attendra les Américains et le monde pour les quatre prochaines années, si Donald Trump venait à être reconduit à la tête du gouvernail ?

Etape 1 : chercher le programme

A noter dans un premier temps, trouver le programme électoral de Donald Trump n’est pas si simple. Sur son site officiel de campagne, il y a un onglet "promesses tenues", donc celles déjà réalisées mais aucun lien vers les promesses pour l’avenir.

Il est vrai que la "méthode Trump" repose notamment "sur une très forte personnalisation du pouvoir", souligne Olivier Klein, professeur de psychologie sociale à l’UCLouvain. Par sa communication il parvient en effet à avoir "une base très solide de fidèles, il arrive à la mobiliser", ajoute-t-il. En effet, tout au long de son mandat, Donald Trump est parvenu à conserver une base relativement stable entre 35 et 42% d’Américains favorables au président.


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Mais tout de même, creusons un peu, qu’est-ce que Donald Trump prévoit de faire pour les quatre prochaines années ?

1. L’économie : la priorité principale de Trump

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L’Amérique rurale fait partie de la base électorale de Donald Trump © AFP

Les discours de Donald Trump montrent qu’il souhaite axer son second mandat autour de la reprise économique, pour faire face aux conséquences du coronavirus. Donald Trump souhaite à la fois faire repartir les entreprises après la crise du coronavirus et créer de l’emploi.

Depuis la crise économique de 2008, les Etats-Unis sont parvenus à faire diminuer le taux de chômage. Il était de 3,1% à la fin de l’année 2019. Mais il a fortement augmenté en mars et avril avec la crise du coronavirus. Selon le "bureau of labor statistics", en juin, le taux de chômage était de 11,1%. Il est aujourd’hui redescendu à 7,5%.


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Quant à la croissance, elle est passée de 2,2% en 2019 à -4% du PIB selon le Fonds monétaire international.

  • Création d’emplois

Le président Donald souhaite donc à nouveau créer de l’emploi aux Etats-Unis. Il se targue d’ailleurs d’avoir permis la création d’au moins un million d’emplois au cours de son mandat. Pour y arriver Donald Trump mise sur la fin de l’épidémie de coronavirus. "Elle va s’en aller", a répété le président au cours de son second mandat. Pour lui pas question de fermer les entreprises et les écoles, Donald Trump mise sur un vaccin d’ici la fin de l’année.

  • Augmentation du salaire minimum

Toutefois, il ne pense pas qu’augmenter le salaire minimum soit nécessaire. Pour lui, l’augmentation du salaire minimum à 15 dollars de l’heure, doit se comprendre dans une approche par Etat. "Je vais considérer l’idée de l’augmentation du salaire minimum pendant mon second mandat mais pas à un niveau qui risquerait de faire fermer les entreprises", a indiqué Donald Trump au cours de son second débat face à Joe Biden.

  • Fiscalité

Donald Trump revient davantage sur ce qui a été mis en place pendant son premier mandat que sur ce qu’il fera au cours du second. Ce qu’il a notamment fait en termes économique, c’est la création d’une réforme de la fiscalité.

2. Assurance de soins de santé : "un nouveau plan"… bientôt, "autre chose que l’Obamacare"

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Le coronavirus a été l’un des points clés de la campagne présidentielle. © AFP

En pleine crise du coronavirus qui frappe durement les Etats-Unis, la question du système de santé aux Etats-unis est centrale. Elle a d’ailleurs dominé la campagne présidentielle.

Au cours de son premier mandat, Donald Trump n’a eu de cesse de vouloir mettre fin à l’Obamacare, la réforme de l’assurance maladie orchestrée par son prédécesseur à la maison blanche. Il n'y est pas totalement parvenu, même si son administration a réussi à en détricoter une partie.

Actuellement plus de 20 millions d’Américains bénéficient de l’Oabamacare et de nombreux Américains qui ont perdu leur emploi à cause du coronavirus, ont également perdu leur assurance santé privée.


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Et c’est l’un des points sur lequel le président en exercice a insisté, il souhaite mettre fin à l’Obamacare au cours de son deuxième mandat. Cette question devrait bientôt être saisie par la cour suprême. Il a de grande chance d’y parvenir au cours de son deuxième mandat dans la mesure où la cour suprême est désormais très largement conservatrice depuis la nomination d’Amy Coney Barrett.

Quoi qu’il en soit, Donald Trump promet qu’au cours d’un éventuel second mandat, il "reviendra avec un tout nouveau plan pour l’assurance de soins de santé. Les démocrates seront obligés de l’accepter car la pression sera sur leurs épaules. Et d’ici là, nous (les républicains, ndlr), avons de grandes chances de remporter le Congrès. Nous aurons donc un nouveau plan pour le système de santé qui protégera toujours les personnes avec des antécédents médicaux".

  • Prix des médicaments

Donald Trump a annoncé vouloir mettre en place les moyens pour des médicaments moins chers sur le marché. Il dit d’ailleurs avoir introduit un nombre record de médicaments génériques à moindre coût sur le marché américain au cours de son premier mandat.

Il souhaite rendre plus accessibles les médicaments et faire en sorte qu’ils coûtent moins cher.

  • Lutte contre la drogue et les opiacés

Donald Trump avait fait de la lutte contre l’addiction aux opiacés une priorité de son mandat. Il a d’ailleurs déclaré l’addiction aux opiacés comme étant une "urgence sanitaire nationale" en 2017.

Réduire l’immigration, construire un mur

En 2016, Donald Trump avait promis de faire construire un mur à la frontière sur des Etats-Unis pour empêcher les migrants venus d’Amérique de venir sur le sol des USA. Ce mur n’est toujours pas construit mais certains travaux ont commencé. Néanmoins, il demande actuellement au Congrès de vote pour le financement de ce mur. Il souhaite en finir avec "le programme de la loterie de l’octroi de visas".

L’actuel locataire de la maison blanche veut "renforcer les lois sur l’immigration et protéger l’emploi des Américains", peut-on lire sur son site.

Il souhaite également un plan de réforme sur l’immigration avec une immigration "basée sur le mérite". Il opte pour une politique de la "tolérance zéro".

En résumé, sur l’immigration, selon le site The Balance, il souhaite :

  • Réduire l’immigration illégale
  • Finir le mur à la frontière avec le Mexique
  • Modifier le programme de visas
  • Réduire le nombre de demandeurs d’asile
  • Restreindre les demandes de visas pour certains pays
  • Stopper/ Réduire les aides aux migrants
  • Supprimer le programme d’action pour les arrivées des enfants (DACA) et expulser les bénéficiaires

Politique étrangère : rester sur les mêmes positions

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Rencontre historique entre Donald Trump et Kim Jong Un. © AFP

Au cours de son premier mandat, le président américain a opéré un virage à 180 degrés avec son prédécesseur. Pour lui, pas question de miser sur le multilatéralisme et d’être à nouveau le "gendarme du monde". Le slogan : "America First" (le Etats-Unis en premier). Et cela ne risque pas de changer avec un second mandat.

  • Commerce : la Chine est et restera dans le viseur

Et les intérêts des Américains, dans l’idéologie trumpiste c’est le commerce. Ou du moins la compétition juste dans le commerce. Le commerce est et devrait encore être au cœur de la politique étrangère de Donald Trump.

Au cours de son premier mandat, Donald Trump a engrangé plusieurs batailles commerciales. Avec l’UE, Donald Trump a souhaité s’engager dans un bras de fer sur le droit de douane de l’acier et l’aluminium.

Mais c’est principalement envers la Chine que le locataire de la maison blanche a concentré son énergie, dans ce qui est désormais appelé la guerre commerciale contre la Chine. Plus question pour Donald Trump de passer par les institutions internationales comme l’Organisation mondiale du commerce, place au bras de fer.

Comme le rappelle l’Echo, dès sa prise de fonction, Trump durcit le ton et impose des droits de douane sur différents produits. Et c’est la lutte contre le géant chinois des télécoms, Huawei, qui attisent le plus les tensions. La marque est même accusée d’espionnage industriel. Si la méthode a pu être vivement critiquée, sur le fond, de nombreux experts s’accordent à dire qu’envers la Chine, Donald Trump n’a pas tort. D’ailleurs, à cet égard, les ambitions de Joe Biden ne diffèrent pas nécessairement.


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Et quoi qu’il en soit, Donald Trump n’a pas l’intention de changer d’un iota sa politique. Sur son site on peut : "Le président Trump a tenu sa promesse de sévir contre les tricheurs commerciaux et de promouvoir un commerce équitable et équitable pour tous les Américains". Et la Chine restera au cœur du viseur de Donald Trump.

  • Moyen-Orient : lutter contre l’Iran

Dès son arrivée à la maison blanche en 2016, Donald Trump a fustigé l’accord sur le nucléaire iranien. Quelques mois plus tard, il signait le retrait américain. Et au cours de son mandat, plusieurs tensions diplomatiques, parfois à la limite de l’affrontement, ont eu lieu. D’ailleurs, jusqu’à cet été, les USA ont poussé pour apposer de nouvelles sanctions contre l’Iran et des mesures d’embargo. Une demande rejetée par les Nations-Unis.

Le président associe l’Iran à l’extrémisme. L’extrémisme une lutte qu’il dit mener depuis son arrivée à la maison blanche et qu’il souhaite poursuivre. Parallèlement, il dit avoir envoyé de l’aide aux minorités chrétiennes au Moyen-Orient.

Au cours de son mandat, Donald Trump a opéré le retrait des troupes américaines en Syrie, estimant que le Califat autoproclamé de l’Etat islamique avait été battu. Sous son administration le chef de l’Etat islamique, Al Baghdadi a été tué.

Il a aussi réduit drastiquement le contingent américain en Afghanistan. En pleine campagne, il a également annoncé vouloir se retirer complètement d’ici noël. Les forces alliées au sein de l’Otan ont annoncé qu’elles prendraient conjointement une décision. L’Otan s’est engagé en Afghanistan après les attaques du 11 septembre 2001, en soutien aux forces américaines.


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Même politique pour l’Irak, où les Etats-Unis sont engagés depuis 2003. Donald Trump a annoncé dernièrement une nouvelle réduction des troupes dans le pays.

  • Et les alliés ?

Dès son arrivée à la maison blanche, Donald Trump a fustigé l’Otan ou plus précisément les mauvais contributeurs de l’Alliance atlantique. En effet, la règle veut que chaque Etat membre contribue au budget de l’Otan, à hauteur de 2% de son PIB. Ce qui était loin d’être le cas. En 2018, par exemple, la Belgique consacrait 0,91% de son PIB à l’Otan. Les Etats-Unis y consacraient 3,3% du PIB. Et les Etats-Unis restent à ce jour le premier contributeur.

Donald Trump a menacé plusieurs fois d’un retrait de son pays de l’Alliance atlantique.

  • Russie : vers une guerre froide ?

L’ingérence russe dans la politique américaine a gangrené le premier mandat de Donald Trump dès le début. Il y a d’abord eu le scandale Cambridge analytica qui a mis au jour des tentatives russes d’influencer la campagne présidentielle de 2016.

Puis l’enquête du gouvernement américain sur les soupçons de collusions avec la Russie a bien failli lui coûter le bureau ovale. En effet, une procédure d’impeachment a même été lancée, puis déboutée au Sénat qui a la majorité républicaine.

Mais la Russie semble avoir été l’ombre de ce premier mandat. Sur le site de Donald Trump, on peut lire qu’il veut renforcer son attitude à l’égard de la Russie et "punir ceux qui souhaitent s’attaquer à la démocratie et à la sécurité américaine".

"Personne n’est plus dur envers la Russie que Donald Trump", a martelé le président. Il répète également son soutien à l’Ukraine dans son opposition à la Russie.

Comme un regain de guerre froide, Donald Trump souhaite également renforcer la politique spatiale, et notamment créer des forces militaires spatiales, "une nouvelle branche de l’armée".

  • Corée du Nord : un nouvel ami ?

En juin 2019, une rencontre historique a lieu entre le dirigeant des Etats-Unis et celui de la Corée du Nord. Une rencontre qui se déroule dans une ambiance détendue. Pourtant quelque temps avant, les tensions ont été si vives entre les deux pays que certains craignaient une guerre nucléaire.

Ce qui a mis le feu aux poudres ? De nouveaux essais nucléaires de la Corée du Nord qui avait désormais les moyens techniques d’atteindre les USA. Trump avait promis "de lancer le feu et la foudre" sur la Corée du Nord.

Finalement, les tensions se sont apaisées mais les essais de la Corée se poursuivent et s’intensifient. Une trahison ? "Non", répond Donald Trump au cours du débat télévisé qui l’oppose à Donald Trump.

Ce rapprochement fait grincer des dents du côté démocrate. Mais, Donald Trump se targue d’avoir évité une guerre avec l’Etat communiste. "Quand j’ai rencontré Barack Obama, il m’a dit notre plus gros problème c’est la Corée du Nord. On risque une guerre nucléaire contre eux. Depuis, nous avons une excellente relation avec la Corée du Nord, il n’y a pas de guerre", a indiqué Donald Trump.

Climat : oui mais pas en supprimant les emplois

Donald Trump ne semble pas montrer un intérêt particulier pour le climat. A plusieurs reprises, face au réchauffement climatique il s’est montré sceptique.

Il répète régulièrement "je veux un air pur et l’eau la plus claire possible". Il dit aussi, "nous avons la plus basse émission de carbone depuis 35 ans."

Toutefois, dès son arrivée à la maison blanche, Donald Trump a retiré les Etats-Unis de l’accord de Paris pour le climat, le jugeant coûteux et injuste pour les Américains. "Je n’allais pas sacrifier des milliers d’emplois et d’entreprises à cause de l’accord de Paris", justifie-t-il pendant le débat face à Joe Biden. Une décision qui entre en application… Ce mercredi 4 novembre 2020.

Sur le site de Donald Trump on peut notamment lire que des efforts ont été faits pour augmenter les forages pour le gaz et le pétrole et des financements ont été faits pour soutenir les industries du "charbon et des énergies fossiles".

La conservation des emplois dans ces secteurs a été un des points de clivage de la campagne. Pour Joe Biden à l’inverse, "le climat sera le futur enjeu de l’humanité, il est presque trop tard". Il estime qu’il faudra trouver une transition pour permettre aux gens de garder leurs emplois mais qu’il ne faut plus en créer de nouveaux dans les énergies fossiles.

Ainsi, peu de promesses de campagne ont été faites par le candidat à sa réélection, sinon celle de continuer sur les mêmes rails que les quatre dernières années, poursuivre son travail tel qu’il l’a fait de 2016 à 2020 et ce jusqu’en 2024.

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