Elections 2019: l’urgence climatique, un des cinq défis de l’Europe

Des militants de Greenpeace en action au siège du géant pétrolier BP à Londres
Des militants de Greenpeace en action au siège du géant pétrolier BP à Londres - © ADRIAN DENNIS - AFP

La campagne pour les élections fédérales et régionales entre dans sa dernière ligne droite. C’est vrai aussi pour les européennes. Au lendemain du 26 mai, le Parlement européen aura un nouveau visage. Dans les mois qui suivront, les présidents de la Commission et du Conseil (parmi d’autres) seront remplacés. L’Union ainsi remodelée va devoir affronter une série de défis. Nous allons les analyser tout au long de la semaine. Et on commence aujourd’hui par un sujet qui nécessite sans doute des réponses nationale et européenne. C’est le climat.

L’enjeu climatique est une des priorités des citoyens européens. Ce serait même devenu la principale priorité des Belges. Les Marches pour le climat ont pris une ampleur inédite ces derniers mois. Il faut dire que les rapports alarmistes se succèdent. Comme celui du service européen de surveillance de la terre, Copernicus, le mois dernier. On y lit que les températures ont augmenté continuellement depuis 40 ans en Europe. L’année dernière, toutes les saisons ont été plus chaudes que d’habitude. Avec des phénomènes météo extrêmes comme les violents incendies en Scandinavie, l’ouragan Leslie qui s’est abattu sur la péninsule ibérique ou encore la canicule qui a touché l’Europe centrale.

Le bilan de l’Union européenne ces cinq dernières années

L’Europe se présente comme un leader dans la lutte contre le réchauffement climatique. Et c’est vrai qu’elle a largement contribué à l’adoption de l’accord de Paris en 2015 ; accord qui vise à contenir la hausse de la température de la planète nettement en dessous de 2 ° par rapport au niveaux préindustriels.

Concrètement, lors de cette législature, l’Europe a décidé de réduire les émissions de CO2 des voitures, des camionnettes et des camions neufs d’ici 2030. Exemples parmi d’autres du volontarisme européen.

Mais il y a un mais. L’Union devra se montrer beaucoup plus ambitieuse si elle veut respecter l’accord de Paris.

Promesses de campagne

Une chose est sûre aujourd'hui. Au cours de la campagne électorale, la lutte contre le réchauffement climatique a pris une place centrale dans plusieurs Etats membres. Les propositions pleuvent. A l’échelle de l’Union, il est question, par exemple, de créer une taxe sur le kérosène dans le secteur aérien, de créer une Banque européenne pour le climat. Des plans de financement sont imaginés pour développer une économie européenne sans gaz à effet de serre.

Une alliance d’une dizaine d’Etats membres prône la neutralité carbone d’ici à 2050, comme le préconisent la Commission et Parlement européen. Parmi ces pays, on retrouve la France du président Emmanuel Macron et la Belgique du Premier ministre Charles Michel. Mais dans ce groupe, il n’y a pas l’Allemagne. En tout cas, pas encore. Et on atteint là, les limites de la politique climatique européenne.

Une ambition et des divisions

Le climat est une compétence partagée entre l’Union et ses Etats membres.

C’est comme ça que l’Union s’est fixé des objectifs à l’horizon 2030 : d’abord, réduire ses émissions de gaz a effet de serre de 40% par rapport à 1990 ; ensuite, atteindre 32% d’énergies renouvelables et, enfin, augmenter de 32,5% l’efficacité énergétique.

Mais si c’est l’Europe qui fixe les engagements, ce sont les Etats-membres qui doivent les mettre en œuvre.

Or qu’est-ce qu’on voit ? Eh bien, que certains pays ont déjà du mal aujourd’hui à atteindre des objectifs moins ambitieux fixés pour 2020. C’est le cas, par exemple, de la Belgique. En février dernier, la Commission a prévenu notre pays : sans efforts supplémentaires, la Belgique ratera ses objectifs climatiques de 2020 et de 2030.

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