Election présidentielle en Ukraine: "La Russie n'a jamais autant fait profil bas"

Election présidentielle en Ukraine: "La Russie n'a jamais autant fait profil bas"
Election présidentielle en Ukraine: "La Russie n'a jamais autant fait profil bas" - © Tous droits réservés

Pour évoquer la situation en Ukraine, à quelques heures du premier tour des élections présidentielles, Nina Bachkatov, politologue spécialiste des questions russes, était sur le plateau de Week-end Première au micro de Thomas De Brouckère.

"Les commentateurs estiment que la campagne électorale actuelle est la plus sale et la plus imprévisible de l’histoire de l’Ukraine" précise-t-elle. Une campagne présidentielle à 39 candidats, et une surprise à la tête des sondages : Volodymyr Zelensky, comédien de 41 ans, qui devance avec plus de 25% des intentions de vote ses deux principaux rivaux, le président sortant Petro Porochenko et l'ex-Première ministre Ioulia Timochenko. Cet outsider est "un monsieur qui est devenu populaire grâce à la télévision, où il campait le rôle d’un instituteur rural qui devient président de la république en surfant sur une vague anticorruption. Le parallèle est assez énorme."

Porochenko "ne pouvait que décevoir"

Pour ces élections, "la Russie n’a jamais fait profil aussi bas. Pour eux, Porochenko signifie le chaos à la frontière, c’est un homme très polarisant, donc la Russie ne veut pas qu’il soit élu, mais ça ne veut pas dire qu'elle soutient les autres."

Le président sortant qui a pris le pouvoir à la suite de la révolution de Maidan de 2014, et "ne pouvait que décevoir, tellement les attentes étaient énormes", commente la politologue. "C'est un homme sans expérience politique, qui a construit son énorme fortune à partir de l’agro-industriel. Il est arrivé porté par la vague, un peu par défaut.Et il était un double otage : celui d’un milieu corrompu dont il ne pouvait pas rompre les liens, de peur de perdre son pouvoir, et d’un milieu extrémiste ultra nationaliste."

"Si Porochenko n’est pas élu, toute une partie de ses supporters peuvent sentir qu’il y a une nouvelle trahison du deuxième Maidan. L’Ukraine est en état de guerre depuis plusieurs années, ce qui veut dire qu’il y a toute une série de gens qui considèrent que la violence est une réponse à problème politique, ça veut dire qu’il y a des gens qui sont armés et entraînés. C’est un mélange particulièrement explosif qui peut partir d’un côté et d’un autre, si le 'mauvais' candidat est élu."

Retrouvez l'intervention complète dans la vidéo en tête d'article.

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