Election présidentielle au Kirghizstan : le populiste Japarov largement favori

Election présidentielle au Kirghizstan : le populiste Japarov largement favori
Election présidentielle au Kirghizstan : le populiste Japarov largement favori - © VYACHESLAV OSELEDKO - AFP

Les Kirghiz votent dimanche dans une élection présidentielle dont le favori est le populiste Sadyr Japarov, libéré de prison en octobre, lors de la dernière crise qui a ébranlé ce pays d’Asie centrale à l’histoire politique tumultueuse.

L’ascension fulgurante de M. Japarov, de la geôle où il purgeait une peine pour prise d’otage aux portes de la présidence, illustre les parcours inattendus que peuvent connaître les responsables politiques dans cette ex-république soviétique, saluée pour son pluralisme mais considérée comme la plus instable de la région.

Les détracteurs de Sadyr Japarov, 52 ans, craignent néanmoins que sa victoire ne débouche sur un pouvoir autoritaire, plus semblable au Kazakhstan, à l’Ouzbékistan et au Tadjikistan voisins, tous dirigés d’une main de fer depuis la chute de l’URSS.

En plus de la présidentielle, les Kirghiz devront aussi se prononcer dimanche sur des amendements constitutionnels destinés à modifier le régime politique du pays, en donnant la primauté soit au Parlement, soit à la présidence, M. Japarov étant partisan de ce dernier scénario.

Une grande dépendance à la Chine et à la Russie

Lors de la grave crise politique d’octobre, provoquée par des élections législatives que l’opposition avait jugées truquées, Sadyr Japarov avait été libéré de prison par ses partisans, avant qu’un tribunal n’annule sa condamnation. Il a depuis redoublé d’efforts pour se présenter comme un ennemi du crime organisé et de la corruption. Ses détracteurs lui prêtent pourtant des liens avec la pègre.

Avec une économie mise à mal par la pandémie de coronavirus, le prochain président devra s’accommoder d’une plus grande dépendance envers le grand voisin chinois et la Russie, un pays allié où travaillent des centaines de milliers de migrants kirghiz.

Le Kirghizstan, qui a connu deux révolutions en 2005 et 2010 ainsi que des épisodes de violences interethniques, est un habitué des crises politiques. Les législatives contestées d’octobre avaient été annulées par les autorités dans l’espoir de régler la crise mais le président d’alors, Sooronbaï Jeenbekov, avait dû céder et démissionner deux semaines plus tard, sous la pression des partisans de Japarov.

C’était la troisième fois qu’un chef de l’Etat kirghiz démissionnait à la suite de manifestations, depuis l’indépendance en 1991.

Kirghizstan, élection présidentielle: Sadyr Japarov vote

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