Election présidentielle américaine : Michael Bloomberg sera candidat à l'investiture démocrate

L’ex-maire de New York Michael Bloomberg est officiellement candidat à l’investiture démocrate en vue de l’élection présidentielle américaine, rapportent plusieurs médias américains ce dimanche. "Je suis candidat à la présidentielle pour battre Donald Trump et reconstruire l’Amérique", a déclaré sur son site internet le milliardaire de 77 ans.

La pub, nerf de la guerre

Le nouveau candidat prévoit d’ores et déjà de lancer, ce lundi, une campagne de publicités télévisées pour un montant record de 31 millions de dollars, jugée d’avance anti-démocratique par Bernie Sanders.

Selon la société Advertising Analytics, le milliardaire a acheté au total, dans une vingtaine d’Etats américains, pour 31 millions de dollars d’encarts publicitaires, plus grosse somme jamais dépensée par un candidat à la présidentielle américaine : le précédent record revenait à Barack Obama, avec près de 25 millions dépensés la dernière semaine de sa campagne 2012. Un tel montant témoigne de la force de frappe de l’ancien maire de 77 ans, l’un des hommes les plus riches du monde.

Mais qui est Michael Bloomberg ?

L’homme d’affaires a longtemps refusé toute étiquette politique : conservateur économiquement mais favorable à l’avortement, aux droits homosexuels et militant contre la dissémination des armes à feu. Pourra-t-il convaincre l’électorat démocrate ?

Il fait valoir ses qualités de gestionnaire, qui en trois mandats de maire ont contribué à revitaliser New York après les attentats du 11 septembre 2001 ou encore sa lutte pour le climat : ambassadeur spécial de l’ONU depuis 2014, il finance les projets de nombreux Etats, comtés et villes américaines pour réduire leurs émissions carbone.

Comme d’autres milliardaires, ce divorcé, père de deux filles et deux fois grand-père, s’est engagé à redistribuer la moitié de sa fortune.

Pourtant, beaucoup le voient comme un milliardaire à contre-courant d’un débat démocrate marqué par la volonté de taxer les riches pour corriger de criantes inégalités, ou la nécessité de mobiliser l’électorat noir qui avait manqué à Hillary Clinton.

Personne cependant ne conteste ses qualités de chef d’entreprise, couronnement d’un parcours digne du "rêve américain".

Né le 14 février 1942 dans une famille juive de la classe moyenne de Boston, il fait de brillantes études d’ingénieur suivies d’un MBA à Harvard.

Il entre chez Salomon Brothers en 1966 et s’y hisse au rang d’associé, ce qui lui vaut, lors du rachat de la banque en 1981, un licenciement assorti d’un chèque de départ de 10 millions de dollars.

Plus fort que Reuters et plus fort que Trump

Il lance alors sa société d’informations financières, Bloomberg LP, fort d’une innovation qui fera son succès : le terminal Bloomberg, où les financiers affichent en quelques clics des informations du monde entier sur une entreprise ou un marché. Le terminal, facturé quelque 20.000 dollars par an, s’imposera dans les salles de marché, où Bloomberg est aujourd’hui leader devant Thomson Reuters.

Michael Bloomberg aime dire qu’il a mieux réussi que Trump, beaucoup moins riche alors qu’il bénéficiait dès l’enfance des millions de son père.

Les deux hommes d’affaires ont cependant des soucis communs : que ferait Michael Bloomberg de son entreprise s’il était élu ? Conserverait-il son "bébé" devenu un média puissant, ce qui alimenterait tous les soupçons de conflits d’intérêts ?

M. Bloomberg n’est pas non plus connu pour sa modestie. En 2017, il estimait avoir déjà sa place au paradis, pour avoir "sauvé des millions de vies" grâce à sa lutte contre le tabagisme.

"Quand j’irai au ciel, je ne suis pas sûr de devoir passer un entretien. Je crois que j’entrerai direct," déclarait-il à la chaîne CBS.
 


 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK