Election en République démocratique du Congo: qui sera candidat?

Qui sera candidat à l’élection présidentielle du 23 décembre 2018 en République démocratique du Congo ? C’est la question que tout le pays se pose à quelques heures de la fin officielle du dépôt des candidatures. Les candidats devront avoir rendu leurs dossiers auprès de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ce mercredi avant 17h30, heure belge.

Quelques candidats ont déposé leur dossier 

La liste des candidats potentiels se précise doucement. Dans les rang de l’opposition, Jean-Pierre Bemba (MLC, Mouvement de libération du Congo) et Vital Kamerhe (UNC, Union pour la Nation Congolaise) se sont déjà rendus dans les bureaux de la Céni. Félix Tshisekedi (UDPS, Union pour la démocratie et le progrès social), le fils de l'opposant historique Etienne Tshisekedi, a lui aussi déclaré sa candidature il y a quelques heures. Mais pour l’instant les points d’interrogations restent nombreux. 

Que va faire Joseph Kabila ? 

Joseph Kabila, président depuis 2001, reste toujours silencieux sur ses intentions. Selon la constitution il ne peut pas se représenter mais il laisse planer l'incertitude sur une potentielle succession. A priori Joseph Kabila devrait décider, soit de se représenter malgré tout, soit de désigner un "dauphin" dans son entourage politique.

Quelles conséquences ? 

"Si Joseph Kabila se porte candidat lui-même, c’est clair qu’il va plonger le pays à nouveau dans le désordre et c’est clair que le processus électoral ira difficilement jusqu’à son terme explique Dieudonné Wamu Oyatambwe, politologue, spécialiste de l'Afrique centrale. Je dirai même que cela serait un coup fatal porté au processus électoral. S’il choisit un dauphin, je ne pense pas que cela posera un problème directement au sein de la population, mais cela posera certainement un problème au sein de sa propre majorité. Je ne vois pas pour l’instant quelle pourrait être la personne de son entourage capable de fédérer encore une majorité. Le but de Joseph Kabila, je pense, est d’être en mesure de contrôler l’essentiel du pouvoir sans être officiellement à la tête de l’Etat. Dans ce contexte-là, on voit où l’équation se complique". En attendant, comme pour compliquer encore un peu plus l'équation, un ancien ministre congolais, Tryphon Kin-Kiey Mulumba, ex-défenseur du maintien du président Joseph Kabila au pouvoir, a déposé ce mardi sa propre candidature comme "indépendant."

Le sort de Moïse Katumbi ? 

Deuxième grande question à ce stade : l'opposant Moïse Katumbi va-t-il pouvoir se présenter ? Mardi soir, il semblait être toujours interdit d'entrée sur le territoire de la RDC. "Il est très peu probable qu'il soit candidat analyse Dieudonné Wamu Oyatambwe. Et même si il pose sa candidature, sachant que la Céni et la Cour constitutionnelle sont quand même contrôlées par le pouvoir en place, je pense que tout sera fait pour empêcher Moïse Katumbi d'être candidat. Dans le clan de Joseph Kabila on estime que Moïse Katumbi est le principal adversaire potentiel. Il a la popularité, il a les moyens financiers, il est vu comme quelqu'un qui a réussi en tant que gouverneur du Katanga à l'époque. Il est perçu comme un adversaire potentiel difficile par rapport aux autres qui se sont déclarés pour l'instant."

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