Elections en Italie: Salvini, le patron de l'extrême droite, rêve d'un come-back fracassant

Lucia Borgonzoni, candidate d’extrême droite, a dû trouver le temps long. Pendant les semaines de campagne qui ont précédé l’élection, cette proche de Silvio Berlusconi aura eu beaucoup de mal à trouver la lumière. Lucia Borgonzoni, 43 ans, ne s’attendait certainement pas à jouer les doublures, elle en aura eu pour ses frais en Emilie-Romagne. En montant sur les podiums ou en serrant des mains, toujours l’ombre d’un homme. Un Matteo Salvini, soucieux de reconquête, aura réduit son temps de parole et sa visibilité. Il suffit de calculer l’empreinte médiatique laissée par son patron à la fin de chaque meeting.

Car cette drôle de campagne de La Ligue fut avant tout conçue pour "relancer" le boss. Un chef de Ligue survolté, aux envies de reconquête. Salvini a occupé le terrain. Littéralement. Il s’est invité dans une centaine de villes et villages de la région. A l’heure où les électeurs d’Emilie-Romagne (et de Calabre) doivent renouveler leurs parlements et gouvernements régionaux.

La campagne atypique de Salvini

L’Emilie-Romagne est une région prospère du centre nord de l’Italie, baignée par l’Adriatique. La région est gouvernée par la gauche depuis la deuxième guerre mondiale. On partage encore ses idées et ses valeurs majoritairement dans ses villes, même si la droite a fait une solide incursion dans ses campagnes. Ici, pourtant, le président sortant de la région pavoise: le chômage ne touche que 5% de la population active et les finances se portent bien. Un bien beau bilan, donc, que l’adversaire Salvini aurait bien tort d’attaquer: il se casserait les dents.

Il aura donc fallu prendre des chemins détournés : la campagne sera "atypique". Les attaques contre Bruxelles ? Une nouvelle salve anti-migrants ? La Ligue décidera de les mettre en sourdine. Elle préférera communiquer sur les "valeurs" du peuple, prétendument confisquées ou détruites par les autres politiciens, sur "la nécessité de libérer le territoire d’un modèle public usé et corrompu."

 

Scrutin régional, enjeu national

La gauche italienne n’en mène pas large. En cas d’échec ce dimanche, il lui restera peu d’espoir pour le reste du pays. Une sorte de dynamique nationale s’est enclenchée et Salvini y a mis toute son énergie. Car ce scrutin, est un nouveau test pour les partis après le changement de coalition survenu l’été dernier. La Ligue se Salvini est en quête de revanche. Et espère un scrutin serré.

La fragile coalition au pouvoir redoute qu’une victoire de l’extrême droite de ce bastion de gauche n’entraîne la chute du gouvernement. Les représentants de la majorité (Parti démocrate et les 5 Etoiles) ont beau marteler que ce scrutin n’aura aucune incidence sur le gouvernement, le chef de la Ligue a prévenu : si son parti l’emporte en Emilie-Romagne, il exigera dès demain, lundi, des législatives anticipées. Bref, un retour prématuré aux urnes qui pourrait permettre à Matteo Salvini de revenir aux affaires. Signe d’un grand retour sur le devant de la scène nationale.

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