Elargissement du canal de Panama : rupture des négociations

Cargo passant par le Canal du Panama
Cargo passant par le Canal du Panama - © RODRIGO ARANGUA - BELGAIMAGE

Les travaux d'élargissement du canal de Panama, chantier pharaonique aux coûts énormes, connaissent des négociations houleuses à propos de surcoûts depuis fin 2013. Celles-ci ont été rompues faute d'accord, a annoncé mercredi le constructeur espagnol Sacyr, qui dirige le consortium international chargé des travaux.

5% du commerce maritime mondial transite par le canal du Panama. Construite en 1914, La voie navigable relie l’océan Atlantique et l’océan Pacifique, ce qui, à l'époque, représente un avantage considérable pour les bateaux commerciaux qui n’ont plus besoin de passer par le Cap Horn, connu pour les nombreuses difficultés à franchir. Si de nos jours, sa traversé est entrée dans nos mœurs, le canal doit faire peau neuve.

Considéré par l’American Society of Civil Engineers comme l’une des sept merveilles du monde moderne, le canal de Panama a pour objectif de s’agrandir car il est désormais trop étroit et pas assez profond. En effet, de nouveaux types de cargos capables de transporter 12 000 conteneurs n’ont pas la possibilité de traverser le canal. Ces bateaux représentent un tiers du transport maritime. Le canal de Panama est donc forcé de se moderniser s’il veut pouvoir conserver sa place prédominante. Surtout qu’il doit faire face à la concurrence du Nicaragua qui souhaite fonder son propre canal avec l’assistance de la Chine.

Travaux à l’arrêt

Les opérations lancés en 2009 devaient se terminer le 15 août 2014, date du centenaire de l’inauguration du canal de Panama. Mais les activités sont pour le moment à l’arrêt suite à de nombreuses discussions à propos de surcoûts des travaux. Le budget initial s’élevait à 5,2 milliards de dollars. Le consortium chargé des rénovations, le Groupe uni pour le canal (GUPC), réclame depuis le début de l’année 1,6 milliards de dollars supplémentaires. Ce surcoût a pour origine des problèmes géologiques non présents au sein du cahier des charges. Les négociations ont été des plus houleuses nécessitant même l’intervention de la ministre espagnole de l’équipement, Ana Pastor. Le groupe Ibérique Sacyr étant l’actionnaire majoritaire du GUPC.

Négociations rompues

Les négociations ont été rompues faute d’accord, a annoncé, mercredi dans un communiqué, le groupe Sacyr. "Le GUPC continue de chercher une solution de financement pour terminer le projet et les travaux en 2015, malgré la décision de l'Autorité du Canal de Panama (ACP) de rompre les négociations. La rupture des négociations met en danger l'expansion du canal de Panama et jusqu'à 10 000 postes de travail". Le dirigeant du consortium, dont fait partie l’entreprise belge Jan De Nul, prévient : "sans une solution immédiate, Panama et ACP feront face à des années de conflits devant les tribunaux nationaux et internationaux sur les étapes qui ont mené le projet au bord de l'échec".

Le consortium avait menacé fin décembre de suspendre les travaux dans un délai de trois semaines en cas de non versement de la rallonge demandée. Prévus pour s'achever cette année, les travaux ont déjà accumulé un retard de neuf mois, sans compter les revers de ces dernières semaines.

 

Sébastien Boyen

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK