Egypte: le procès d'Hosni Moubarak entre dans le vif du sujet

Retransmission sur écran géant du procès Moubarak le 15 août 2011 au Caire
Retransmission sur écran géant du procès Moubarak le 15 août 2011 au Caire - © Khaled Desouki (archives AFP)

Le procès de l'ex-président égyptien Hosni Moubarak au Caire, entamé début août, entre dans le vif des accusations lundi avec l'audition de témoins pour déterminer les responsabilités dans le meurtre de manifestants durant la révolte du début de l'année.

Contrairement aux premières audiences le 3 puis le 15 août, les débats marqués par l'image de l'ancien raïs, 83 ans, comparaissant allongé sur une civière, ne seront pas retransmis en direct à la télévision.

Cette mesure a été décidée le président de la cour pénale, le juge Amed Refaat, manifestement excédé par l'atmosphère survoltée régnant dans la salle lors de la précédente audience, en particulier parmi les avocats des plaignants.

Après des séances relativement formelles, la session de lundi doit se pencher sur la question de la responsabilité des tirs d'hommes embusqués contre des manifestants lors des événements de janvier et février, qui ont abouti à la démission de l'homme fort de l'Egypte.

Selon le quotidien gouvernemental al-Ahram, "le tribunal va écouter quatre témoins à charge, dont le chef du service des communications au sein de la force de la sécurité centrale (anti-émeutes), et des officiers responsables des salles des opérations de la même force".

La cour cherche à savoir si les ordres de tirer sur la foule ont été donnés sous la seule responsabilité du ministère de l'Intérieur, ou si Hosni Moubarak était aussi impliqué.

L'ancien ministre de l'Intérieur Habib el-Adli est jugé en même temps qu'Hosni Moubarak pour la répression des journées d'insurrection populaire, qui ont fait officiellement près de 850 morts.

Leur responsabilité, si elle est démontrée, est passible de la peine de mort.

Hosni Moubarak et ses fils Alaa et Gamal, jugés en même temps que lui, sont également inculpés pour corruption et enrichissement illicite.

L'ancien président, qui souffrirait de problèmes cardiaques et de dépression, est en détention préventive dans un hôpital près du Caire. L'éventualité d'un cancer a fait l'objet d'informations contradictoires. Ses deux fils sont quant à eux détenus à la prison de Tora, dans la périphérie sud de la capitale. Un richissime homme d'affaires proche de l'ancien clan présidentiel, Hussein Salem, est jugé par contumace dans le même procès.

Trois avocats koweïtiens sont par ailleurs arrivés dimanche au Caire pour se joindre à la défense de Moubarak. Le chef de l'équipe, Me Fayça el-Oteibi a affirmé à la presse à l'aéroport que deux autres de ses collègues sont attendus plus tard dans la journée au Caire.

"Nous sommes cinq avocats koweïtiens et nous sommes venus défendre Hosni Moubarak par gratitude" à l'égard de l'ancien président qui avait soutenu le Koweït lors de l'invasion irakienne en 1990.

Le ministre égyptien de la Justice Abdel Aziz el-Guendi, cité dimanche par le journal indépendant al-Masri al-Youm, a toutefois indiqué qu'aucune demande officielle d'avocats koweïtiens "n'a été encore déposée", et qu'il n'était pas acquis qu'ils puissent participer au procès lundi.

Hosni Moubarak est le premier dirigeant renversé par les révoltes qui secouent le monde arabe depuis décembre dernier à comparaître en personne devant la justice.

Le Tunisien Zine El Abidine Ben Ali, en exil en Arabie saoudite depuis son renversement en janvier, a été jugé par contumace à Tunis. Le Libyen Mouammar Khadafi demeure introuvable depuis la chute de Tripoli fin août.

AFP
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