Égypte: Hosni Moubarak plaide non coupable, procès ajourné au 15 août

Hosni Moubarak sur son lit dans la salle d'audience
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Hosni Moubarak sur son lit dans la salle d'audience - © Capture d'écran

Le procès de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak s'est ouvert ce mercredi au Caire. Il doit répondre de corruption et de meurtre lors de la répression des manifestations. Hosni Moubarak risque la peine de mort. Il a plaidé non coupable devant le tribunal. La prochaine audience est fixée au 15 août.

Hosni Moubarak est le premier dirigeant du Moyen-Orient à comparaître en personne depuis le début du "printemps arabe". 

"Toutes ces accusations, je les nie complètement", a déclaré Hosni Moubarak en s'emparant du micro qui lui était tendu, d'une voix rauque mais d'un ton ferme. Ses fils Alaa et Gamal, accusés de corruption, se sont également dits non coupables.

Ces derniers, debout, se sont relayés auprès de lui dans le box grillagé et muni de barreaux tout au long de l'audience, le cachant parfois partiellement à la caméra de la télévision d'Etat, qui retransmet le procès en direct. Ils tenaient tous deux des livres à la main, probablement des exemplaires du Coran.

Un représentant du Parquet général avait auparavant accusé Hosni Moubarak de s'être mis d'accord avec l'ex-ministre de l'Intérieur Habib el-Adli pour le meurtre "prémédité" de manifestants anti-régime dans plusieurs gouvernorats d'Egypte.

Il a accusé Alaa et Gamal Moubarak de corruption.

Risque de peine de mort

Si Hosni Moubarak est reconnu coupable du meurtre de manifestants, il risque la peine de mort. 

Le président de la Cour a renvoyé au 15 août la date de la prochaine audience. Le juge a également décidé que l'ancien chef de l'Etat devrait assister aux prochaines audiences. 

C'est la première fois que le président déchu, 83 ans, apparaît en public depuis sa démission le 11 février. Pâle, vêtu de blanc, il a régulièrement parlé à ses fils, calmes et eux aussi habillés en blanc, la tenue réglementaire des prévenus n'ayant pas encore été condamnés.

Il s'agit d'un procès historique pour l'Egypte et le monde arabe, où les dirigeants sont rarement tenus pour responsables de leurs actes. L'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, chassé du pouvoir le 14 janvier par une révolte populaire et réfugié en Arabie saoudite, est lui jugé par contumace pour détournement de fonds, détention d'armes et de stupéfiants, fraudes immobilières et abus de pouvoir.

Habib el-Adli ainsi que six hauts responsables de la police -également présents- sont poursuivis pour meurtre.

L'homme d'affaires Hussein Salem, un proche des Moubarak qui a fui en Espagne, est pour sa part jugé par contumace pour corruption.

Des heurts entre pro- et anti-Moubarak

L'audience, présidée par le juge Ahmed Refaat, s'est déroulée dans le calme, bien que les nombreux avocats présents aient réclamé avec insistance et parfois bruyamment la parole.

Devant l'académie de police, où se tient le procès pour des raisons de sécurité, des centaines de personnes dont des familles des victimes suivaient le procès sur un écran géant. Des heurts sporadiques ont opposé pro et anti Moubarak, qui se sont affrontés à coups de pierres malgré la forte présence de la police et de l'armée.
 
Plus d'un millier de policiers et de soldats ont été déployés pour assurer la sécurité du bâtiment.

Hosni Moubarak a quitté tôt le matin à bord d'une ambulance l'hôpital de Charm el-Cheikh, où il était en détention préventive depuis avril à la suite de problèmes cardiaques. Il a quitté la station balnéaire en avion et a atterri dans la matinée à l'aéroport militaire d'Almaza, au Caire, avant d'être conduit à l'académie.

Hosni Moubarak restera au Caire pendant son procès

Hosni Moubarak va être admis à l'hôpital de l'académie de police, en banlieue du Caire, où se tient son procès, "pour garantir sa présence", selon un haut responsable non identifié cité par l'agence Mena.

Plus tôt, des partisans d'Hosni Moubarak avaient manifesté en sa faveur. "Ils disent révolution et liberté, mais ils ne sont qu'une bande de voyous", "O juge, il ne faut avoir peur que d'Allah", criaient certains en brandissant des photos d'Hosni Moubarak. A Charm el-Cheikh, au moment où l'ancien président quittait l'hôpital, des manifestants avaient appelé à son exécution selon un correspondant de l'AFP.

Son avocat, Farid al-Dib, a demandé au juge qu'Hosni Moubarak et Habib el-Adli soient jugés séparément.

Récemment, Farid al-Dib a assuré qu'Hosni Moubarak souffrait d'un cancer et, la semaine dernière, qu'il était dans le coma, ce que l'hôpital a démenti. L'un de ses médecins a affirmé à l'AFP qu'il était dans un état relativement stable mais qu'il était faible, car il refuse de s'alimenter, et très déprimé.

Avec AFP

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