Le bilan des affrontements en Egypte monte à 33 morts, un ministre démissionne

Violents affrontements au Caire, place Tahrir
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Violents affrontements au Caire, place Tahrir - © MAHMUD KHALED (AFP)

Les rues du Caire ont été le théâtre de violents accrochages entre les forces de l'ordre et des manifestants qui réclament le retour des militaires dans leurs casernes. Le bilan est monté à 33 morts et des heurts reprenaient lundi matin. Le ministre de la culture a démissionné en guise de protestation.

Le ministre égyptien de la Culture, Emad Abou Ghazi, a présenté sa démission pour protester contre la réaction du gouvernement face aux violences entre manifestants et forces de l'ordre, a rapporté lundi l'agence officielle égyptienne Mena.

"J'ai présenté ma démission pour protester contre la manière avec laquelle le gouvernement a traité les derniers événements sur la place Tahrir" au Caire, a-t-il dit après les affrontements meurtriers entre les forces de l'ordre et des manifestants réclamant la fin du pouvoir militaire.

Les violences ont fait au moins 33 morts au total depuis samedi au Caire et dans d'autres villes du pays, selon un décompte effectué à la morgue du principal hôpital du caire.

Le ministre a précisé qu'il ne reviendrait pas sur sa démission, présentée dimanche soir en Conseil des ministres.

Le précédent bilan, basé sur des sources officielles et médicales, était de 15 morts depuis le début des affrontements samedi, dont 14 au Caire -13 pour la seule journée de dimanche- et un à Alexandrie.

Reprise des heurts lundi matin

Les heurts se sont poursuivis lundi matin entre la police qui tirait des grenades lacrymogènes sur des centaines de manifestants répartis en petits groupes sur la place et aux alentours. Ces derniers répondaient en jetant des pierres.

L'Egypte n'avait plus connu pareilles scènes de violence depuis le début de l'année, quand la population se débarrassait de son président, dans l'espoir d'ouvrir rapidement la page de la démocratie.

Des manifestations du nord au sud du pays, de El-Arich dans le Sinaï à Assioud dans le centre, en passant par Alexandrie au nord et, bien sûr, par la capitale Le Caire, l'Egypte est repartie dans la contestation avec cette fois dans le collimateur, la puissante armée égyptienne plus installée que jamais à la tête du pays depuis le renversement du président Moubarak, en février dernier.

Les premiers incidents significatifs ont eu lieu dès vendredi, après une manifestation organisée par les Frères musulmans, cette puissante et bien organisée confrérie religieuse, impatiente de participer à la direction des affaires.

La place Tahrir, une fois encore

Une confrérie religieuse qui voit d'un mauvais oeil l'armée se maintenir à la tête de l'Etat, tout en cherchant une position de repli qui lui confirme sa place d'arbitre dans l'avenir.

Les attaques islamistes ont eu un réel écho dans l'opinion ces jours derniers. Et c'est par milliers que les Egyptiens sont descendus dans les rues, avant de retrouver, pour l'occuper la Place Tahrir, ce foyer de la contestation voici dix mois.

Samedi et hier dimanche, les forces de l'ordre ont essayé de dégager les lieux, usant de la manière forte: balles et grenades lacrymogènes. Ce week-end, 15 égyptiens ont perdu la vie; des centaines ont été blessés et de nombreux protestataires arrêtés.

Ces incidents, condamnés par la communauté internationale, se passent alors que le pays s'engage en cette fin de semaine dans le processus électoral, un processus mal cadré, qui prendra du temps et qui ne rassure pas vraiment la population égyptienne.

T.N. avec Willy Vandervorst et agences

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