Egypte: mis en cause, le président du tribunal se récuse

Début du procès d'Hosni Moubarak, l'ex-président égyptien
Début du procès d'Hosni Moubarak, l'ex-président égyptien - © AFP PHOTO/STR

Le président du tribunal chargé de juger à nouveau l'ex-président égyptien Hosni Moubarak s'est récusé à l'ouverture de la première audience samedi au Caire, faisant tourner court le début de ce procès.

Le juge Moustafa Hassan Abdallah a renvoyé le dossier devant une cour d'appel, qui devra choisir un nouveau tribunal. Le juge a déclaré qu'il était "dans l'embarras", après avoir été mis en cause par des avocats qui ont souligné qu'il avait déjà présidé une cour chargée de juger une affaire liée à un épisode la révolte ayant renversé Hosni Moubarak début 2011. 

"Ce juge et son équipe avaient acquitté tous les inculpés dans l'affaire de la 'bataille des chameaux' et il y a beaucoup de doutes à leur sujet. Cela le disqualifie pour mener ce procès", a déclaré un avocat des parties civiles, Amir Salem. "Le peuple veut l'exécution du président", ont scandé d'autres avocats. Le 2 février 2011, en plein soulèvement populaire contre Hosni Moubarak et à la surprise générale, des partisans du président avaient fait irruption sur la place Tahrir, dans le centre du Caire, à dos de cheval et de chameau, et attaqué les milliers de manifestants exigeant la fin du régime. Plusieurs figures du régime déchu accusées d'avoir orchestré cette attaque avaient été acquittées en octobre 2012. 

Arrivée en ambulance

L'ex-président égyptien Hosni Moubarak est arrivé samedi matin à bord d'une ambulance au tribunal du Caire où doit s'ouvrir son nouveau procès, selon des images de la télévision d'Etat. L'ancien homme fort de l'Egypte, qui aura 85 ans en mai, est sorti de l'ambulance allongé sur une civière, vêtu de blanc et le regard masqué par des lunettes de soleil.

Hosni Moubarak a été transporté en hélicoptère de l'hôpital militaire où il est soigné dans la banlieue du Caire, vers le site de l'école de police, à la périphérie de la capitale, où la cour criminelle est installée, a indiqué l'agence officielle Mena. Il a ensuite été transporté à bord d'une ambulance.

Les autres co-accusés - ses deux fils Alaa et Gamal, l'ancien ministre de l'Intérieur Habib el-Adly et six anciens hauts responsables des services de police - sont également arrivés au tribunal.

L'ex-président égyptien a été condamné l'an dernier lors d'un premier procès à la réclusion à perpétuité pour sa responsabilité dans la mort d'une partie des près de 850 personnes tuées pendant la révolte de janvier-février 2011, qui a eu raison d'un règne de 30 ans. Habib -Adly et les six policiers sont poursuivis pour les mêmes raisons.

Les deux fils d'Hosni Moubarak font de leur côté face à des accusations de corruption, qui pèsent également sur leur père.

Belga

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