Egypte: la province du Sinaï secouée par une série d'attaques, 26 morts

Un convoi funéraire de membres du groupe islamiste Ansar Beït al-Maqdess ("les Partisans de Jérusalem" en arabe) dans le nord du Sinaï, le 10 août 2013
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Un convoi funéraire de membres du groupe islamiste Ansar Beït al-Maqdess ("les Partisans de Jérusalem" en arabe) dans le nord du Sinaï, le 10 août 2013 - © AFP

Au moins 26 personnes, pour la plupart des militaires, ont été tuées et au moins 62 blessées jeudi dans des attaques dans le nord du Sinaï, lors de la journée la plus meurtrière pour les forces de sécurité égyptiennes depuis trois mois, selon des responsables de sécurité et des sources médicales. Des attaques revendiquées par Ansar Beït al-Maqdess, principal groupe d'insurgés islamistes du Sinaï et branche du groupe Etat islamique (EI) en Egypte

Les victimes des attentats perpétrés dans le nord de la péninsule sont principalement des soldats. Ils ont aussi fait, selon des responsables de sécurité et des sources médicales, au moins 62 blessés, dont neuf civils.

Sur leur compte twitter, les islamistes ont revendiqué ces attaques. Ils affirment avoir "mené des attaques massives et simultanées dans les villes d'Al-Arich, Cheikh Zoueid et Rafah".

La principale attaque a eu lieu à Al-Arich, chef-lieu de la province du Nord-Sinaï, où 24 personnes, en grande majorité des militaires, ont été tuées.

Selon des responsables de sécurité, des roquettes ont d'abord été tirées sur le quartier général de la police dans le Nord-Sinaï ainsi que sur une base militaire adjacente, avant l'explosion d'un voiture piégée. Quelques minutes plus tard, des tirs de roquettes ont frappé un complexe résidentiel proche, où sont logés des officiers.

L'autre attaque de jeudi dans le nord du Sinaï a eu lieu à un point de contrôle de l'armée à Rafah, à la frontière avec la bande de Gaza, où un militaire a perdu la vie.

Les attaques ont fait au total au moins 34 blessés, dont neuf civils, selon les responsables.

Washington a condamné "avec vigueur les attaques terroristes dans la province égyptienne du Nord-Sinaï".

Les Etats-Unis "continuent de soutenir de manière inébranlable les efforts du gouvernement égyptien pour combattre la menace terroriste en Egypte dans le cadre de notre engagement permanent envers le partenariat stratégique liant nos deux pays", a indiqué dans un communiqué Jennifer Psaki, porte-parole du département d'Etat.

Les assauts de groupes armés contre les forces de sécurité se sont multipliés en Egypte depuis la destitution en juillet 2013 par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi, faisant des centaines de morts dans leurs rangs.

Les autorités ont déployé de nombreux soldats et policiers pour combattre les jihadistes dans le Sinaï.

Etat d'urgence prolongé

Fin octobre, 30 soldats avaient été tués près d'Al-Arich lors d'un attentat suicide suivi d'une attaque commando dans un campement militaire, conduisant les autorités égyptiennes à décréter l'état d'urgence sur une partie du Sinaï, qui vient d'être prolongé pour trois mois.

Cette attaque, la plus meurtrière ayant visé l'armée depuis la destitution de M. Morsi, avait également été revendiquée par Ansar Beït al-Maqdess, principal groupe d'insurgés islamistes du Sinaï, qui a multiplié les attaques et fait allégeance aux jihadistes du groupe EI.

Les groupes armés disent agir en représailles à l'implacable répression dont sont victimes les partisans de M. Morsi, qui a fait au moins 1.400 morts. Des centaines d'islamistes ont aussi été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs et environ 15 000 ont été emprisonnés.

L'attaque du 24 octobre a aussi conduit les autorités à construire une zone tampon le long de la frontière avec Gaza pour empêcher les insurgés de s'infiltrer en Egypte depuis l'enclave palestinienne.

L'Egypte a annoncé fin décembre qu'elle allait élargir de 500 m à un kilomètre la largeur de cette zone tampon.

Pour les autorités, la zone-tampon, qui court sur environ 13,5 km, devrait permettre d'isoler les "terroristes" dans un secteur désert et d'éliminer les tunnels clandestins vers Gaza, qui seraient utilisés pour le trafic d'armes et le passage des jihadistes.

Cette mesure doit entraîner la démolition de plus de 800 habitations et l'éviction de quelque 1100 familles.


AFP

 

 

 

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