Egypte: assaut contre le ministère de l'Intérieur, 3 morts

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Ce samedi, trois manifestants ont été tués au Caire dans une tentative d'assaut contre le ministère égyptien de l'Intérieur, rapporte Al Djazira. Plus tôt, la chaîne de télévision annonçait que la police égyptienne avait ouvert le feu sur les milliers de manifestants.

La police égyptienne a ouvert le feu samedi sur un millier de manifestants qui tentaient de prendre d'assaut le ministère de l'Intérieur, au Caire, rapporte la chaîne de télévision Al Djazira. Trois personnes sont mortes dans cette manifestation samedi après-midi.

Le couvre-feu a été étendu de 16 heures à 8 heures. Mais plusieurs dizaines de milliers de manifestants étaient encore rassemblés dans le centre du Caire après le couvre-feu et un ordre de l'armée interdisant les rassemblements.

"Allahu Akbar!" (Dieu est le plus grand), "le peuple veut la chute du président", scandaient des centaines de manifestants samedi matin sur la place Tahrir dans le centre du Caire alors que des milliers d'autres affluaient dans ce secteur au coeur de la capitale égyptienne. "Moubarak va-t-en", scandaient également les manifestants.

Et les Frères musulmans, principale force d'opposition en Egypte, appelent à une passation pacifique du pouvoir. La confrérie a affirmé son soutien au "soulèvement pacifique béni" et appelé à la mise en place d'"un gouvernement de transition sans le Parti national démocrate (au pouvoir) qui organise des élections honnêtes et une passation pacifique du pouvoir".

La police, prise pour cible par les manifestants depuis mardi, était absente du centre-ville ce samedi matin. L'armée égyptienne, appelée vendredi en renfort de la police débordée par les manifestations, a pris position aux principaux carrefours et près des bâtiments officiels.

Pour la seule journée de vendredi, 68 personnes sont mortes au Caire, à Suez et à Alexandrie. D'après des sources médicales, environ 2000 personnes ont été blessées. Et  un journaliste d'Al Djazira aurait vu plus de 20 cadavres à Alexandrie, après des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. La chaîne d'information n'a pas fourni plus de détails. Durant les manifestations de vendredi, 30 cadavres ont été amenés à l'hôpital El Damardach du Caire. Parmi ces corps, figuraient ceux de deux enfants âgés de quatre et sept ans, d'après des sources hospitalières, mais aucun bilan officiel n'a été fourni.

L'accès à internet coupé

Par ailleurs, les services de téléphonie mobile étaient partiellement rétablis en Egypte samedi en milieu de matinée au lendemain d'une journée de manifestations sans précédent en raison desquelles ces services et l'internet avaient été coupés, ont constaté des journalistes de l'AFP. L'accès à internet, coupé vendredi pour contrecarrer les manifestations hostiles au régime, ne semblait cependant pas avoir été rétabli.

L'internet et la téléphonie mobile ont joué un rôle-clé dans le lancement des manifestations anti-régime en Egypte à l'initiative de jeunes pro-démocratie inspirés par la révolution du jasmin qui a chassé le 14 janvier Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir en Tunisie.

Le géant britannique des télécommunications Vodafone avait indiqué vendredi que tous les opérateurs de téléphonie mobile présents en Egypte avaient "reçu l'ordre de suspendre leurs services dans certaines zones sélectionnées". "Conformément à la législation égyptienne, les autorités ont le droit de donner un tel ordre et nous devons nous y soumettre", avait assuré Vodafone.

Le téléphone mobile compte 65 millions d'utilisateurs en Egypte. La coupure d'internet a suscité de nombreuses critiques vendredi aux Etats-Unis, de la Maison-Blanche à Facebook, qui ont appelé au respect de la liberté d'expression. La chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton a notamment appelé le gouvernement égyptien à mettre fin au blocage "sans précédent" des communications dans le pays.

Quelque 23 millions d'Egyptiens disposent d'un accès, régulier ou occasionnel, à internet, soit près du quart de la population, selon les chiffres officiels.

Le siège de la Sûreté de l'Etat attaqué à Rafah, 3 policiers tués

Le siège de la Sûreté de l'Etat de la ville égyptienne de Rafah, à la frontière avec la bande de Gaza, a été attaqué samedi lors d'accrochages entre manifestants et policiers qui ont fait trois morts dans les rangs de la police, selon des témoins.

Des manifestants bédouins de la région ont jeté des grenades sur le bâtiment, qui était sur le point de s'effondrer, ont indiqué les témoins, au cours d'accrochages armés pendant lesquels la police a fait usage de balles réelles. Non loin des lieux, le terminal frontalier de Rafah, était sous la protection des gardes-frontière égyptiens, ont-ils ajouté.


Un supermarché Carrefour pillé au Caire

Un supermarché du géant français Carrefour a été pillé samedi à la périphérie du Caire, ont déclaré des témoins à l'AFP. Des dizaines de personnes couraient dans la rue avec des objets pillés dans le supermarché situé juste à la sortie de Maadi, un quartier où réside une important communauté d'expatriés, ont raconté ces témoins. 
Ce supermarché est situé dans un centre commercial où sont aussi installés des commerces occidentaux. 
Le président Hosni Moubarak, dont les manifestants demandent le départ, a promis dans la nuit la formation d'un nouveau gouvernement samedi à la suite de manifestations sans précédent depuis son arrivée au pouvoir il y a trente ans. 
Tard vendredi soir, des scènes de pillage avaient déjà été constatées dans plusieurs quartiers du Caire, métropole de 20 millions d'habitants. Samedi, l'armée appelle la population à se protéger face aux pilleurs.

 


RTBF avec agences

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