Effondrement d'un barrage au Laos: "Dès dimanche, on savait que quelque chose allait se passer"

Lundi, des centaines de personnes étaient portées disparues mardi au Laos au lendemain de l'effondrement d'un barrage hydroélectrique en construction dans le sud du pays. Selon Jean-Marie Hospied, le consul belge auprès du Laos, plusieurs éléments expliquent cette catastrophe qui provoque aussi une inondation au Cambodge voisin.

"Le Laos est un pays très pauvre fermé à la mondialisation pendant des dizaines d’années. Le pays essaie de s’enrichir très vite. C’est la raison pour laquelle ils créent des barrages un peu partout de plus en plus rapidement pour vendre l’électricité aux pays voisins", explique le diplomate.

Les premiers barrages ont été construits selon des standards internationaux, puisque c’était presque seulement des compagnies étrangères qui s’en occupaient. Mais petit à petit, les normes se sont assouplies. La manière dont sont construits les barrages, c’est de créer des grands réservoirs, on y recueille un maximum d’eau dans les grandes vallées et on y place les turbines au fond de la vallée.

"En faisant ça, on déplace des nombreuses populations, on détruit de nombreuses forêts. En construisant ces barrages très vite, on fait de grosses erreurs. C’est probablement ce qu’il s’est passé ici", indique Jean-Marie Hospied avant d'ajouter : "Le barrage qui s’est fracturé était une grande digue de terre dont on voyait déjà les lignes de fracture il y a quelques jours. Dès dimanche, on savait que quelque chose allait se passer."

La Thaïlande vient aussi en aide

Le gouvernement s’organise, l’armée et la Croix-rouge sont envoyés sur place. La Thaïlande envoie un contingent militaire. Il y a une grosse mobilisation des sociétés privées au Laos qui envoient du matériel. Pour l'instant, c’est la saison des pluies, il n’y a pas que ce barrage qui a détruit, c'était aussi le cas des ponts et des routes.

Selon les derniers chiffres des Nations Unies, 131 personnes sont portées disparues, mais le consul belge estime que les chiffres sont à prendre avec des pincettes étant donné que c’est une région difficile d’accès où toutes les personnes ne sont pas recensées.  "Le nombre de morts est sujet à caution, certains parlent de quelques morts, d’autres d’une vingtaine."

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