Ebola reste impossible à traiter mais on peut y survivre, explique MSF

Par guérison, on entend le faible pourcentage de patients qui contractent la maladie, sont donc touchées par le virus, en éprouvent les symptômes, mais n'en meurent pas. Ces patients ont donc survécu. "Il y a différentes souches du virus Ebola", rappelle Raphaël Piret, porte-parole de MSF. "Celle à laquelle sont confrontées les patients guinéens, la souche Zaïre, tue environ 90% des patients contaminés", explique-t-il.

Une partie, certes minoritaire, des malades, réussit donc à survivre. Et s'il n'est pas possible pour le personnel médical de traiter la maladie (il n'existe aucun médicament, ni vaccin contre le virus), il est par contre possible d'aider les patients à la combattre.

"On peut s'attaquer aux symptômes", explique encore Raphaël Piret. Il faut notamment beaucoup réhydrater les malades, lesquels sont sujets à de graves diarrhées et vomissements. On peut s'attaquer à la fièvre et s'assurer que les patients ne s'affaiblissent pas trop. Bref, prodiguer des soins qui permettent d'augmenter les chances de survie des personnes touchées.

L'aspect psychologique est également pris en compte. "Il faut comprendre la détresse des personnes touchées", rappelle Raphaël Piret. "Ces personnes sont non seulement gravement malades, mais également complètement isolées et n'ont de contact qu'avec un personnel médical équipé de combinaisons de protection. Nous effectuons donc un travail psychologique visant offrir un maximum de dignité aux patients dans ces circonstances extrêmement difficiles".

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Les combinaisons que porte le personnel de MSF en contact avec les malades © SEYLLOU - BELGAIMAGE

 

A ce jour, les autorités guinéennes chiffrent le bilan de l'épidémie à 151 cas suspects et 95 décès.

Le personnel MSF pris à parti à Macenta

A Macenta, "des habitants ont manifesté et lancé des pierres sur les structures de soins et les véhicules de l'organisation. La manifestation a été déclenchée par la diffusion de fausses informations selon lesquelles MSF aurait amené le virus dans le village. Aucun membre du personnel n'a été blessé, mais les activités ont dû être interrompues", précise l'ONG.

"Nous avons fait face à des réactions similaires dans d'autres pays", explique le coordinateur d'urgence de MSF, Henry Gray. "Dans ce type de situation, il est important de s'assurer que les populations ont une bonne compréhension de la maladie et de ses risques. A Macenta, une équipe chargée de la sensibilisation des patients était en place, mais il est très difficile d'informer les gens sur le virus dans leur langue, tout en mettant tout en œuvre pour stopper l'épidémie", ajoute-t-il.

Selon l'organisation, les négociations avec les autorités se poursuivent et MSF prévoit de relancer ses activités à Macenta dès que possible.

Les équipes de MSF sont également actives à Guéckédou, une autre ville au sud-est de la Guinée, et dans la capitale Conakry.

Plusieurs cas suspects, dont certains mortels, ont par ailleurs été signalés au Mali, au Liberia et en Sierra Leone, mais seuls deux cas ont été testés positifs à l'Ebola au Liberia, tous les tests ont été négatifs en Sierra Leone.

Julien Vlassenbroek avec Belga

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