Dunkerque: la Belgique voit d'un mauvais œil le projet éolien français

La Belgique a le sentiment que le projet de parc éolien français prévu pour 2027 au large de Dunkerque risque de lui faire l’ombre. Le vice-Premier ministre belge Vincent Van Quickenborne écrit à la France pour lui demander de revoir sa copie. Le libéral flamand en charge également de la Mer du Nord s’adresse à la commission particulière du débat public qui rend ses conclusions demain mardi sur le projet, écrit La Voix du Nord.

La Belgique n’est en rien opposée au développement de l’éolien off shore. Au contraire, le ministre Van Quickenborne cite l’exemple du champ établi au large de Knokke. Mais là, les éoliennes sont à 23 km de la côte et leur hauteur ne dépasse pas 158 mètres.

Le projet de Dunkerque prévoit d’implanter 46 éoliennes deux fois plus près des côtes, à 10 km des côtes françaises mais aussi 11,5 km des côtes belges donc, et de monter à 300 mètres. Bien visibles de La Panne, Saint-Idesbald, Coxyde et Nieuport… C’est le premier argument avancé par Vincent Van Quickenborne : "La distance de sécurité sera située dans les eaux territoriales belges".

"Pollution visuelle", c’est le deuxième écueil souligné dans la missive du ministre, avec un impact fort sur le littoral belge. Mauvais pour l’immobilier et le tourisme.

Troisième point : la Belgique a le sentiment d’avoir été ignorée. Le projet d’éoliennes de la France fermerait des voies maritimes comme Ostende-Douvres, non exploitées actuellement mais cela hypothéquerait toute nouvelle liaison de la mythique "malle".

Et puis il y a le terrain d’aviation de Coxyde. Pour la France, il est fermé, mais la Défense belge ne le considère pas comme tel et ne veut pas mettre en danger de futurs projets aériens.

Bref, des arguments à la pelle, et un appel au dialogue pour "éviter des procédures juridiques", conclut le ministre Van Quickenborne.

Opposition aussi en France

Le bourgmestre de La Panne, Bram Degrieck est également opposé, comme ses voisins de Coxyde et Nieuport, au projet. 

En France aussi, le projet suscite une opposition menée par le collectif "Vent debout" qui met en outre en avant le problème que le parc d’éoliennes provoquerait pour les oiseaux car il se situe sur l’axe migratoire le plus important d’Europe.

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