Duel avec Obama, lutte contre l'immigration et les médias: que risque Trump à l'issue des midterms?

L'enjeu des mid-terms est crucial pour le Président Trump qui a donné de sa personne durant la campagne
L'enjeu des mid-terms est crucial pour le Président Trump qui a donné de sa personne durant la campagne - © Jeff Roberson - ISOPIX

Les Américains votent aujourd’hui pour les élections de mi-mandat. Ils devront élire tous leurs représentants à la Chambre, mais également un tiers des sénateurs et de nombreux élus locaux. 35 sièges de gouverneurs sont par exemple en jeu. Plusieurs de ces scrutins s’annoncent très serrés. Ces élections de mi-mandat seront surtout un référendum pour ou contre la politique de Donald Trump.

Historiquement, les midterms sont plutôt favorables à l’opposition, donc aux démocrates dans ce cas-ci. D’après les derniers sondages, les démocrates pourraient récupérer la Chambre des représentants. Bien sûr, ce sont des sondages. En revanche, le Sénat devrait rester aux mains des républicains, et si ce scénario se confirme, la situation de Donald Trump risque de se compliquer.

Les démocrates pourraient ainsi limiter la marge d’action du président américain et permettre, par exemple, l’ouverture d’enquêtes parlementaires à l’encontre du président Trump. Preuve de l’importance de ce scrutin, jamais autant d’argent n’a été englouti par des élections de mi-mandat.

Le duel Trump - Obama

Le président Trump a enchaîné les meetings à travers les États-Unis. "Si les démocrates l’emportent mardi, ce qu’ils feront en premier, c’est imposer le socialisme. Sur le système de santé, ils imposeront le socialisme. Genre bienvenue au Venezuela !", a-t-il déclaré devant une foule de partisans.

Côté démocrate, l’ancien président Barack Obama est sorti de sa réserve. Il multiplie les attaques contre l’actuel locataire de la Maison Blanche. Trump/Obama, c’est le combat des chefs. Ils se renvoient publiquement la balle dans des tirades dignes des plus grands spectacles de stand up.

"Ils sont en train de vous aveugler. Ils vous diront : 'Regardez, regardez, une caravane, une caravane !'", déplore l'ex-résident de la Maison Blanche avant de pointer les déductions d'impôts accordées aux milliardaires et la marche arrière de l'administration Trump concernant l'Obamacare.

Donald Trump prône l'économie et la sécurité...

Donald Trump cherche à répondre aux attentes de ses électeurs. Il martèle l'actuelle "bonne santé de l’économie américaine". C’est vrai que les chiffres semblent bons, avec un taux de croissance de 3,5% et un chômage au plus bas... mais ils cachent des réalités moins positives.

Le président américain a également joué sur la peur de l’immigration. Il s’est servi de la caravane des migrants qui traversent le Mexique en direction des frontières américaines et il présente les réfugiés comme des criminels potentiels. La menace des migrants a été au cœur de la campagne des républicains. Une pub pro-Trump a fait polémique avec sa diffusion sur la chaîne américaine NBC.

...et attaque les médias

Mais l'actuel locataire de la Maison Blanche cible aussi les journalistes en parlant de fake news. Les grands médias restent la cible : CNN - qui n'a d'ailleurs pas voulu diffuser la publicité sur la caravane de migrants -, le New York Times ou le Washington Post.

Lors de ses meetings, les supporters de Trump huent les journalistes. Seule la chaîne conservatrice Fox News est félicitée par le chef de la Maison-Blanche et ses supporters.

"Ce que nous faisons à CNN énerve beaucoup le président, principalement parce que nous vérifions ce qu’il dit. On passe beaucoup de temps à vérifier et corriger ce qu’il avance. On pointe les erreurs qu’il commet et certaines personnes en déduisent que c’est de l’acharnement, alors que ce que nous voulons, c’est que les gens comprennent bien ce qui se passe", affirme Jim Acosta, journaliste à CNN. Il suit tous les déplacements du président des États-Unis, ce qui lui vaut d'être la bête noire de Donald Trump.

Une popularité en légère baisse

La popularité de l'actuel président se tasse. On parle de 40% d’opinions favorables à Donald Trump, un chiffre qui fait néanmoins rêver de nombreux dirigeants européens. La campagne a été tendue avec l’affaire des colis piégés, ainsi que la pire attaque antisémite de l’histoire américaine, et aussi une campagne où les deux camps se sont échangés des insultes.

Cette ambiance est un signe que l’Amérique est totalement divisée. Preuve aussi de cette division : les fractures dans les familles ; on ne parle plus de politique lors des repas de famille. La campagne électorale a donc renforcé cette fracture entre pro et anti-Trump.

"Les trois derniers mois, nous avons engagé 10 nouveaux employés et nous avons pu augmenter les salaires. Tous nos employés ont reçu un bonus de 1000 dollars grâce à la réforme fiscale et nous avons partagé 350 000 dollars en bonus avec tout le monde grâce à la première bonne année après l’élection de Donald Trump", explique Christopher, fondateur d’une entreprise spécialisée dans le recyclage de téléphones portables. Il a voté pour Trump et va continuer à voter pour les républicains. Il estime, lui, que ses affaires sont florissantes grâce au locataire de la Maison Blanche.

L'enjeu du vote des femmes

On parle de "l’année des femmes" pour ce scrutin. Elles sont très mobilisées. Il y a de nombreuses candidates même si c’est surtout du côté des démocrates que l'engagement des femmes est le plus important.

Mais il y a aussi le vote des électrices qui se positionnent pour ou contre Donald Trump, un vote qui sera crucial. Les femmes sont portées par le mouvement #Metoo et elles ont aussi été mobilisées par le processus de confirmation à la Cour suprême du juge Kavanaugh.

D’après les sondages, le vote des femmes est plutôt favorable aux démocrates. 

En bref: un scrutin crucial

Les résultats vont déterminer l’avenir politique de Donald Trump en vue de la présidentielle de 2020. Ce scrutin est donc très important pour le président qui y joue gros.

Les États-Unis pourraient se retrouver avec un Congrès divisé. Du coup, Donald Trump devrait faire face à une cohabitation avec les démocrates, ce qui pourrait paralyser son programme jusqu’aux prochaines élections de 2020.

Les citoyens américains commencent à voter à partir de midi, heure de Bruxelles, et c’est dans la nuit ici que les résultats tomberont. En bref, il faudra attendre demain matin pour avoir des chiffres définitifs.

"Make America great again": Donald Trump était dans le Missouri, à Girardeau, ce 05 novembre

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