"Down-Under" hors du Commonwealth ? Les Australiens veulent quitter la famille royale

Deux tiers des Australiens en ont assez : dans un sondage publié samedi par le Daily Telegraph, 62% des personnes interrogées dans le pays souhaiteraient couper le cordon ombilical qui les relie toujours au Royaume uni. Le journal affirme que les sondés préféreraient un citoyen local à la tête de leur pays.

L’Australie fait en effet partie du Commonwealth, et sa cheffe d’Etat est la reine Elisabeth II d’Angleterre.

Mais entre les Australiens, dont le pays est appelé en Grande Bretagne "Down down-under" – ce qui signifie en français "en dessous" – et la mère patrie britannique, l’amour n’est plus de mise, et cela depuis bien longtemps.

"Down-under" veut s’émanciper

Les habitants sont en effet de plus en plus circonspects face à l’appartenance au Commonwealth. Le ressentiment se matérialise dans les différentes enquêtes réalisées ces derniers mois.

Lors de la visite du Prince Harry et de son épouse Meghan, il y a deux ans, une proportion écrasante de sondés avait exprimé son désaccord face au paiement par l’Etat australien d’une partie des frais du séjour princier, un séjour qui avait coûté près de 200 000 dollars australiens (plus de 120 000 euros).

Les visites du couple William et Kate ont suscité la même réaction : le contribuable australien ne devait par exemple pas payer le séjour du duc et de la duchesse de Cambridge prévu au mois de mars dernier à "down-under " pour saluer les rescapés des grands incendies de l’été austral dernier sur l’île. Le voyage a certes été annulé pour causes sanitaires, mais l'opinion était aussi majoritairement hostile à la prise ne charge de ce voyage.

Les républicains ont le vent en poupe

En Australie, les pro-monarchie sont de moins en moins nombreux. Le parti conservateur lui-même, traditionnellement acquis à la cause du Commonwealth, semble lui-même moins uni derrière la couronne britannique, et les républicains australiens prennent régulièrement du terrain.

Quel est donc le changement voulu par ces derniers ?

Aujourd’hui, l’Australie fait partie du Commonwealth, association de 53 pays héritée de l’empire britannique. La majorité de ces pays ont choisi d’avoir leur propre chef-fe d’Etat, que ce soient des monarchies ou des républiques. L’Australie, au même titre que le Canada ou la Jamaïque, entre autres, reconnaît la reine d’Angleterre comme monarque.

Si le Commonwealth sert à resserrer les liens culturels, économiques, et même symboliques entre ces pays, l’Australie a depuis longtemps choisi de s’en distancier. La question de transformer le système politique en république avait d’ailleurs été mise au référendum en 1999, mais cette option avait été défaite par 45%, contre 55% des votes en faveur du statu quo.

Un épisode historique fâcheux

Depuis, les responsables politiques s’accordent plus ou moins entre eux sur la nécessité de consulter à nouveau la population sur cette question, mais seulement au décès de la reine.

L’ouverture, dans les archives nationales, de la correspondance entre la reine Elisabeth II et son gouverneur général en Australie dans les années septante, ouverture ordonnée par la justice au mois de mai dernier, devrait alimenter les arguments des républicains australiens. Cette correspondance devrait mettre au jour le rôle trouble de la monarque britannique dans le limogeage d’un premier ministre travailliste australien. Ce limogeage avait été orchestré par son gouverneur en Australie. Celui-ci devait cependant garder sa neutralité. Les historiens pourraient y trouver des preuves, à tout le moins, de la passivité de la reine dans cette affaire d’ingérence démocratique.

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