Donald Trump prend plusieurs décisions militaires

Le président Trump prend une série de décisions militaires
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Le président Trump prend une série de décisions militaires - © CHIP SOMODEVILLA - AFP

Depuis le 3 novembre, sans avoir admis sa défaite électorale et encore moins pris contact avec le président-élu Joe Biden, le président Trump a pris plusieurs décisions d'ordre militaire. Il aurait demandé à son entourage proche de définir des options de frappe à l'encontre de l'Iran. Les responsables des affaires étrangères et de la défense ont dissuadé le président. Donald Trump a également annoncé un retrait accéléré de troupes stationnées en Irak et en Afghanistan. Des  mesures dont certaines prendront effet quelques jours à peine avant la passation de pouvoirs annoncée pour le 20 janvier prochain. 

Une situation constitutionnellement normale

Formellement, selon le professeur d'histoire contemporaine à l'ULB, Serge Jaumain, le président Trump, malgré la période particulière dans laquelle nous nous trouvons, reste dans les limites de ses prérogatives présidentielles:

"Il est en affaires courantes mais en même temps, il est toujours le président des Etats-Unis et il le reste pleinement jusqu’au 20 janvier, au moment où Biden remplira pleinement les fonctions de président. On est dans une période intermédiaire qui a pour particularité qu’on a un président-élu et que Trump n’a donc pas la même légitimité démocratique. Il n’empêche que son mandat de président continue. L’habitude, la tradition est qu’il y ait une concertation entre la nouvelle et l’ancienne équipe et surtout que le président limite ses actions au suivi de dossiers qui ont été entrepris plus tôt. La particularité ici, c’est que Trump veut continuer à souligner qu’il est réellement le président des Etats-Unis et il le fait d’autant plus volontiers qu’il estime qu’il n’a pas perdu les élections, il les a gagné."

Et, même dans cette situation, le président n'échappe pas au contrôle parlementaire. 

"Bien sûr, pour prendre toute une série de décisions, il doit, comme c’est le cas habituellement, c’est un état démocratique, il doit avoir l’aval du congrès. Mais la particularité ici, c’est qu’on est essentiellement dans le domaine militaire et il reste le commandant en chef des armées. Il n’a pas la possibilité de déclencher une guerre parce que, là, il lui faut l’aval du congrès. Par contre, pour des frappes militaires contre, par exemple, l’Iran qui est un ennemi déclaré, il n’est pas absolument nécessaire d’avoir cet accord."

Désengagement

Des décisions de désengagement de troupes américaines en Irak et en Afghanistan ont été annoncées. Elles interviendront peu avant la passation de pouvoirs. Ces décisions ont fait l'objet de critiques, aux Etats-Unis comme ailleurs. L'Allemagne, la France et l'OTAN se sont montré inquiètes si pas sur le principe, sur la manière de procéder à ce genre de décision. C'est aussi le cas pour Serge Jaumain par rapport à la Somalie. 

"En Somalie il n’y a pas énormément de militaires mais il y en a un certain nombre et les retirer, cela va avoir des conséquences sur toute la région et sur la Somalie en particulier parce qu’il va y avoir des élections législatives très prochainement et, dans quelques mois, des élections présidentielles. Si les troupes américaines ne sont plus là, un certain chaos risque de s’installer. (…) Le désengagement militaire ne pose pas question fondamentalement. Le problème, et c’est toujours ça avec Trump, c’est la brutalité de la décision qui ne permet pas aux régions de s’adapter. "

Chausses-trappes

Bien que le président n'ait encore formellement admis sa défaite devant Joe Biden, ses décisions ressemblent aussi à des chausses-trappes tendues sous les pied de l'administration présidentielle à venir. Serge Jaumain:

"Les chausse-trappes, c’est une évidence dans ce qu’il est en train de faire. Il mène sa barque de manière très personnelle sans tenir compte des intérêts fondamentaux des Etats-Unis. On pourrait aussi parler des questions de santé et la stratégie qu’il mène va avoir aussi aux Etats-Unis des conséquences catastrophiques. Ce n’est sans doute pas exagéré de dire qu’il y a des milliers de personnes qui risquent de mourir simplement parce qu’il ne s’est pas coordonné dans ce domaine avec Biden."

Le temps de transition entre deux administrations est particulier, aux Etats-Unis comme dans le reste du monde. Mais celle qui se déroule à présent entre l'ère Trump et l'ère Biden risque de réserver encore quelques surprises. 

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