Donald Trump juge Emmanuel Macron "insultant" pour l'Otan

Le président américain Donald Trump a qualifié mardi de "très insultant" le jugement de "mort cérébrale" porté par le président français Emmanuel Macron sur l'Otan et a dénoncé les "mauvais payeurs" qui ne contribuent pas assez aux dépenses pour la défense.

Donald Trump a pris l'habitude de donner le ton des sommets de l'Alliance avec sa première intervention avant le début de la réunion. Cette année, elle a duré 52 minutes et il a signifié son intention  de "punir" le président français dont le jugement critique sur l'Otan considérée en mort cérébrale a froissé tous les alliés. "Je pense que c'est très insultant", a déclaré M. Trump en présence du secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, avant le début du sommet du 70e anniversaire de l'Otan à Londres.

Un jugement très méchant

C'est un jugement "très, très méchant à l'adresse de 28 pays et pour cet homme (Jens Stoltenberg) qui fait un excellent travail", a-t-il ajouté. Donald Trump s'est dit "très surpris" par la déclaration d'Emmanuel Macron et l'a jugée "très dangereuse" pour la France. "Personne n'a besoin de l'Otan plus que la France", a-t-il affirmé. Donald Trump rencontrera Emmanuel Macron dans la journée de mardi pour discuter avec le président français des griefs contre l'Otan.

Les dirigeants des 29 pays de l'Alliance se retrouveront mardi en fin de journée pour une réception à Buckingham Palace. Ils se rendront ensuite au 10 Downing Street à l'invitation du Premier ministre britannique Boris Johnson, un "homme très compétent" a jugé Donald Trump. Le président américain a assuré vouloir se tenir à l'écart de la campagne électorale qui bat son plein au Royaume-Uni. La partie formelle du sommet se déroulera mercredi au Grove, un hôtel luxueux sur un parcours de golf à Watford, dans la banlieue de Londres. Une session de travail de trois heures est prévue.

Etat de mort cérébrale

Emmanuel Macron a jugé début novembre l'Otan en état de "mort cérébrale" après l'offensive lancée le mois précédent par Ankara dans le Nord-Est de la Syrie sans aucune concertation avec les alliés, mais avec l'assentiment du président américain. Le président français "assume totalement" sa critique. Il l'a dit au secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg jeudi à Paris.

Emmanuel Macron a en outre déploré que les deux derniers sommets aient été "uniquement consacrés à savoir comment on pouvait alléger le coût financier pour les États-Unis". Pendant ce temps, "des questions stratégiques sur la paix en Europe, la relation avec la Russie, le sujet de la Turquie ou qui est l'ennemi n'ont pas été résolues", a-t-il lancé. Les dépenses de défense seront une fois encore le sujet principal du sommet. Donald Trump veut maintenir la pression sur les alliés pour leur faire respecter leur engagement de consacrer 2% de leur PIB pour leur budgets militaires en 2024.

Quand je suis arrivé, j'étais en colère contre l'Otan. Mais maintenant nous avons obtenu 130 milliards de dollars

La France dépensera l'équivalent de 2% en 2025, mais l'Allemagne, à 1,42% en 2020, ne respectera pas son engagement avant le début de la décennie 2030. "Quand je suis arrivé (en 2016), j'étais en colère contre l'Otan. Mais maintenant nous avons obtenu 130 milliards de dollars", a déclaré M. Trump en référence à la somme que le Canada et les membres européens auront ajoutée aux budgets de la défense en quatre ans. Jens  Stoltenberg assure qu'elles atteindront 400 milliards en 2024. Mais Donald Trump est insatisfait. "Il y a encore beaucoup de mauvais payeurs et c'est injuste", a-t-il dénoncé en citant nommément l'Allemagne.

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