Doel 3/Tihange 2: l'Allemagne demande à la Belgique de stopper les réacteurs

Manifestation lors d'une rencontre entre ministres belge et allemand
Manifestation lors d'une rencontre entre ministres belge et allemand - © ERIC LALMAND - BELGA

La ministre allemande de l'Environnement Barbara Hendricks (SPD) a demandé au gouvernement belge de fermer temporairement les deux réacteurs nucléaires défaillants du pays tant que des questions demeurent sans réponse à leur sujet, rapporte l'agence de presse allemande DPA mercredi.

Les problèmes techniques à répétition dans le parc nucléaire belge vieillissant causent des tensions avec les pays voisins dont l'Allemagne. Outre-Rhin, la marche vers un approvisionnement énergétique propre et durable s'est accélérée, avec notamment des législations prévoyant la fermeture de tous les réacteurs nucléaires commerciaux d'ici 2022.

Les réacteurs belges de Doel 3 et Tihange 2 ont été mis à l'arrêt en 2012 après la découverte de microfissures. Mais en novembre dernier l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a annoncé leur redémarrage après des analyses et consultations avec différents experts internationaux.

"Au moins tant que de nouvelles enquêtes ne sont pas menées"

Toutefois, la ministre allemande a estimé que des tests supplémentaires devaient être menés, avançant que la commission allemande indépendante sur la sécurité nucléaire n'avait pas pu confirmer que les réacteurs étaient suffisamment sûrs en cas de panne. "C'est pourquoi je pense qu'il est bon de déconnecter ces sites du réseau, au moins tant que de nouvelles enquêtes ne sont pas menées", a déclaré Barbara Hendricks. Elle affirme que cela permettrait de démontrer que les inquiétudes "des voisins allemands sont prises au sérieux".

L'étude de la commission indépendante allemande, consultée par DPA, indique que "des questions restent ouvertes" sur les stress tests menés sur les deux réacteurs.

Le document conclut que les enceintes des réacteurs devraient subir des opérations régulières. A ce stade, il n'y a pas assez de preuves pour affirmer qu'ils sont sûrs en cas de problème.

L'AFCN s'étonne

L'agence fédérale belge de contrôle nucléaire dit son étonnement après la sortie de la ministre allemande, ce mercredi. "Ses déclarations surviennent malgré une réunion" entre diverses organisations belges et allemandes, réagit l'AFCN dans un communiqué, "Ni les discussions menées durant cette réunion, ni les déclarations de la ministre Hendricks, ne déstabilisent les conclusions de l'AFCN. Les centrales de Doel 3 et Tihange 2 répondent aux exigences de sûreté les plus sévères", affirme-t-on aussi à l'AFCN, qui se dit toujours prête à collaborer avec ses homologues d'autres pays.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK