Dix ans après la révolution en Libye: les dates clés depuis l'insurrection contre Kadhafi en 2011

Dix ans après la révolution en Libye: les dates clés depuis l’insurrection contre Kadhafi en 2011
Dix ans après la révolution en Libye: les dates clés depuis l’insurrection contre Kadhafi en 2011 - © PATRICK BAZ - AFP

Dix ans après le soulèvement appuyé par l’Otan qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est toujours minée par les luttes de pouvoir, divisée entre deux autorités rivales, sur fond d’implications étrangères. Le 15 février 2011 les Libyens ont trouvé le courage de manifester contre le colonel Mouammar Kadhafi, plus de 40 ans au pouvoir, l’un des dictateurs les plus féroce de son époque. Mais très vite, la révolution se transforme en guerre civile. Depuis une décennie, le pays ne parvient plus à sortir des conflits et des guerres civiles. Retour sur 10 années de conflit qui laisse le pays exsangue.

Répression sanglante

Le 15 février 2011, dans le sillage du Printemps arabe, la police disperse par la force un sit-in contre le pouvoir à Benghazi, deuxième ville de Libye (est), et des affrontements opposent manifestants et forces de l’ordre. La contestation se transforme en insurrection, sévèrement réprimée.

Le 19 mars, une opération est lancée par Washington, Paris et Londres (une résolution de l’ONU prévoyait une zone d'exclusion aérienne mais pas d'opération militaire), avant que l’Otan n’en prenne les commandes fin mars. Le Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, va s’imposer peu à peu sur la scène internationale.

Le 20 octobre, Mouammar Kadhafi, en fuite depuis la chute de Tripoli aux mains des insurgés, est tué près de Syrte, sa région d’origine à l’est de Tripoli. Celui qui avait gouverné la Libye pendant 42 ans et insultait les "rats" ayant osé se soulever contre son pouvoir a été capturé rampant dans un égout en bord de route avant d’être tué.

En août 2012, le CNT remet ses pouvoirs au Congrès général national (Parlement), élu un mois plus tôt.

Ambassades attaquées

Après des attaques contre les ambassades américaine et française, qui ont entraîné la mort de quatre Américains, dont l’ambassadeur Christopher Stevens, et blessé deux gardes français, la plupart des ambassades étrangères en Libye ferment. Les travailleurs étrangers et les représentations diplomatiques sont la cible d’attaques et d’enlèvements par des milices ou groupes djihadistes.

Autorités rivales

En mai 2014, Khalifa Haftar, proche de l’Egypte et des Emirats arabes unis, lance une opération contre les groupes jihadistes à Benghazi. Plusieurs officiers de la région orientale rallient sa force paramilitaire, autoproclamée "Armée nationale libyenne" (ANL). En juin, à la suite de nouvelles élections, le Congrès général national est remplacé par un Parlement dominé par les anti-islamistes.

Mais fin août, après des semaines de combats, une coalition de milices s’empare de Tripoli et réinstalle l’ancien Parlement, le CGN, et un nouveau gouvernement. Le gouvernement en place jusque-là et le Parlement élu en juin s’exilent dans l’Est. Le pays se retrouve avec deux gouvernements et deux parlements.

Fin 2015, des représentants de la société civile et des députés signent à Skhirat (Maroc) un accord parrainé par l’ONU. Le gouvernement d’union nationale (GNA) est proclamé. Son chef Fayez al-Sarraj parvient à s’installer à Tripoli en mars 2016. Mais dans l’Est, le cabinet parallèle, soutenu par Haftar, et le parlement lui sont opposés.

Offensives de Haftar

Début juillet 2017, Haftar annonce la "libération totale" de Benghazi des jihadistes, après plus de trois ans de combats. Le maréchal a pu compter sur le soutien de l’Egypte voisine et des Emirats, avant de se rapprocher de la Russie.

Fin juin 2018, ses forces s’emparent de Derna, bastion des islamistes radicaux et seule ville de l’est qui échappait à son contrôle.

Début 2019, Haftar se lance à la conquête du Sud désertique. Il s’empare de Sebha, chef-lieu de cette région, et d’al-Charara, un des plus importants champs pétroliers du pays. Le 4 avril, il ordonne à ses forces d'"avancer" vers Tripoli.

Implications étrangères

Début novembre 2019, le 'New York Times' fait état du déploiement de mercenaires du groupe Wagner, entreprise russe de sécurité privée. En décembre de la même année, un rapport de l’ONU épingle plusieurs sociétés et pays accusés d’avoir violé l’embargo décrété en 2011 en livrant armes ou combattants aux deux camps.

Le 5 janvier 2020, la Turquie annonce le début du déploiement de ses soldats pour soutenir le gouvernement de Tripoli.

Début juin, les forces pro gouvernementales annoncent avoir pris le contrôle de l’ensemble de l’Ouest, infligeant une défaite cinglante au camp Haftar chassé de son dernier fief dans cette région.

Cessez-le-feu

Le 23 octobre 2020, les deux parties rivales signent un accord de cessez-le-feu permanent avec "effet immédiat", après cinq jours de discussions à Genève sous l’égide de l’ONU. Le 26, la Compagnie nationale de pétrole annonce la réouverture du dernier champ pétrolier bloqué. Le 13 novembre, l’ONU annonce que 75 délégués libyens de tous bords, réunis en Tunisie, sont parvenus à un accord prévoyant "des élections nationales" le 24 décembre 2021.

Le 5 février, les 75 délégués libyens, réunis sous les auspices de l’ONU en Suisse, désignent l’ingénieur et homme d’affaires Abdel Hamid Dbeibah comme Premier ministre intérimaire, aux côtés d’un Conseil présidentiel de trois membres, pour assurer la transition jusqu’au scrutin de décembre.

 

Corrections du 18 mars: la répression de la révolte de Benghazi le 15 février 2011 n'a pas fait des milliers de morts et la résolution 1973 de l'ONU prévoyait seulement une zone d'exclusion aérienne pour protéger les populations civiles.

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