Discussions entre Hamas et Autorité palestinienne : l'espoir d'élections et de rapprochement

D’importantes discussions pour l’avenir de la Palestine ont débuté ce lundi au Caire, selon la télévision égyptienne. Diverses formations palestiniennes, dont les rivaux historiques que sont le Hamas et l’Autorité palestinienne, se sont en effet mises autour de la table, en vue de préparer les premières élections auxquelles les Palestiniens seront convoqués depuis 15 ans.

C’est au président égyptien Al-Sissi qu’est revenue la tâche délicate de présider les discussions. Au total, 14 factions palestiniennes participent au dialogue, qui vise à apaiser les tensions, et régler des différends pour que les élections législatives prévues le 22 mai prochain pussent avoir lieu, avant la présidentielle qui, elle, devra se tenir le 31 juillet.

Des obstacles

En effet, nombre d’obstacles qui pourraient empêcher le scrutin de se tenir correctement subsistent toujours. Parmi eux, la nature du système juridique et du déploiement sécuritaire à adopter.

Le sort réservé lors des élections aux habitants palestiniens de Jérusalem-est constitue également un nœud pour les partis palestiniens, puisque ce secteur de la ville est occupé et annexé par l’Etat israélien.

La dernière élection présidentielle palestinienne a eu lieu en janvier 2005. Les dernières élections législatives se sont déroulées un an plus tard, en janvier 2006. Les divisions entre Hamas et Fatah, principale formation de l’Autorité palestinienne, n’ont pas permis par après une convergence entre les deux formations.


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En 2006, les dernières législatives palestiniennes avaient conduit à la victoire du Hamas, qui n’avait pas été reconnue par ses rivaux du Fatah, menant à des affrontements sanglants entre les deux camps et à la naissance de deux systèmes politiques séparés.

D’un côté, l’Autorité palestinienne, dirigée par Mahmoud Abbas et contrôlée par le Fatah, siège en Cisjordanie, territoire occupé par Israël où vivent 2,8 millions de Palestiniens. De l’autre, l’enclave palestinienne de Gaza, mince bande de terre de deux millions d’habitants sous blocus israélien, elle, dirigée par le Hamas.

Nécessité politique d’un rapprochement

Les prochains scrutins devraient, eux, rapprocher les points de vue pour pouvoir peser sur le futur de la Palestine. Ce rapprochement entre Fatah et Hamas s’explique également par le résultat de la campagne de "normalisation" lancée par l’ex-président américain Donald Trump, processus qui s’est concrétisé par la signature d’accords entre Israël et certains pays arabes.

Selon le décret publié par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, les élections législatives et présidentielles se tiendront donc à deux mois d’intervalle. Restera dans le processus l’élection des membres du Conseil national palestinien, qui est le parlement de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Cette dernière aura lieu le 31 août.

Les regards sont surtout tournés vers les deux formations principales : le Hamas et l’Autorité palestinienne. Dirigée par le vice-président de son bureau politique Saleh al-Arouri, la délégation du parti islamiste est composée de Yahya Sinouar, homme fort du mouvement Hamas dans la bande de Gaza, et de plusieurs autres responsables, parmi lesquels Khalil al-Haya et Ezzat al-Rachk, a déclaré le mouvement islamiste dans un communiqué, confirmant leur arrivée au Caire.

Une délégation du Fatah, menée par Jibril Rajoub, était déjà arrivée la veille dans la capitale égyptienne, a relayé la presse ce lundi.

Quid de Mahmoud Abbas ?

Une question semble encore sans réponse depuis l’annonce de la tenue de ce scrutin : Mahmoud Abbas sera-t-il candidat à sa propre succession ? Agé de 85 ans, le président de l’Autorité palestinienne souffre d’une image écornée auprès des électeurs, qui, selon un récent sondage, pourraient lui préférer le chef du Hamas, Ismaël Haniyeh.

Ces élections palestiniennes devraient également se tenir dans la foulée du scrutin organisé en mars 2021 en Israël.

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