Deuxième journée de sommet européen: la Pologne, l'autre pays du blocage

Les discussions entre les 27 dirigeants européens se poursuivent samedi autour du plan de relance de l’économie. Une nouvelle proposition d’allocation des fonds est sur la table. Elle répond en partie aux revendications des quatre "frugaux" : l’Autriche, le Danemark, la Suède et les Pays Bas, ce groupe de pays qui pour l’instant refusent de signer le plan de 750 milliards d’euros.

Proposition de compromis de Charles Michel

Charles Michel a proposé de modifier la répartition avancée par la Commission : en passant de 250 à 300 milliards d’euros de prêts et de 500 à 450 milliards de subsides, un compromis qui constitue "un pas sérieux dans la bonne direction", selon un diplomate néerlandais, tout en rappelant que de nombreuses autres questions devaient recevoir une réponse.

Il reste donc encore beaucoup d’obstacles avant la conclusion d’un accord. Et d’autres pays sont en embuscade : la Pologne devrait être l’un des principaux bénéficiaires du plan de relance qui est sur la table des 27. D’ailleurs, ce samedi matin, à l’entame du deuxième jour du sommet son Premier ministre Mateusz Morawiecki critiquait ouvertement l’intransigeance des quatre frugaux ou les quatre radins comme il préfère les appeler. Des pays qui bloquent la conclusion d’un accord.

Et pourtant la Pologne aussi a ses lignes rouges. Avec la Hongrie, elle refuse que la mise à disposition des fonds européens soit conditionnée au respect de l’état de droit. Le dirigeant hongrois Viktor Orban a même reçu un mandat de son parlement pour s’y opposer.

Et puis elle refuse surtout que l’argent européen destiné aux régions les plus dépendantes du charbon soit lié au respect de la neutralité carbone.

Tous les Etats membres se sont engagés à la respecter d’ici 2050. Pas la Pologne qui refuse toujours de se voir imposer la marche à suivre sur les questions climatiques. Et comme il faut l’unanimité des 27, sans l’accord sur ce point il n’y aura d’accord sur rien.

Confessionnal

Vers 13h00, Charles Michel suspendait la plénière pour entamer une série de consultations en formats plus réduits, marquant ainsi la fin de la séquence matinale.

Le premier "confessionnal" était constitué des frugaux (Danemark, Autriche, Pays-Bas, Finlande et Suède), mis en présence du couple franco-allemand et des méridionaux que sont l’Italie, l’Espagne et le Portugal, en plus d'Ursula von der Leyen.

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