Attaque terroriste au Parlement de Westminster à Londres: quatre morts et plusieurs blessés

  • L'attaque a fait au moins quatre morts (dont l'assaillant et un policier) et une vingtaine de blessés 
  • Une voiture a foncé dans la foule sur le trottoir
  • L'assaillant a agi seul, il été abattu dans l'enceinte du parlement par la police 
  • La police parle d'une attaque "terroriste"

Une attaque terroriste a causé au moins quatre morts et 20 blessés mercredi à Londres, où un homme a lancé sa voiture sur la foule sur le trottoir du pont de Westminster devant le Parlement avant de poignarder un policier et d'être abattu par la police. Le policier est décédé.

L'attaque a eu lieu vers 14h40 heure locale, 15h40 heure belge, devant le Parlement de Westminster, en plein cœur de Londres, où la Première ministre Theresa May venait de s'exprimer devant les députés. Selon des témoins, l'assaillant présumé a d'abord renversé plusieurs piétons sur le pont de Westminster menant au Parlement et à Big Ben. L'auteur était seul précise la police.

Tout le monde s'est mis à courir

Après avoir embouti son SUV gris sur le bas-côté de la rue, l'homme a couru vers les grilles du Parlement avant de poignarder un policier.

La police a fait feu sur lui alors qu'il essayait de s'attaquer à un deuxième officier. "Nous étions en train de prendre des photos de Big Ben lorsque tout le monde s'est mis à courir et que nous avons vu un homme d'une quarantaine d'année portant un couteau d'environ vingt centimètres. Ensuite on a entendu trois coups de feu. Nous avons traversé la rue et avons vu l'homme en sang par terre", a raconté Jayne Wilkinson à l'agence britannique Press Association.

"J'ai clairement entendu des coups de feu. J'ai vu tomber quelqu'un habillé de noir. Je pense que c'était un policier", a déclaré à l'AFP une employée du Parlement qui a vu la scène depuis son bureau.

Une femme blessée repêchée dans la Tamise

Une femme grièvement blessée lors de l'attaque a été repêchée dans la Tamise, a indiqué l'Autorité portuaire de la capitale britannique. "Une femme a été retirée en vie de l'eau mais avec de graves blessures", a indiqué un porte-parole. "Nous partons du principe qu'elle est tombée ou a sauté du pont" de Westminster, a-t-il ajouté.

Trois lycéens français blessés

Trois élèves français d'un lycée de Concarneau (Finistère) ont été blessés dans l'attaque, ont annoncé les autorités françaises. "Nous confirmons que 3 élèves du lycée Saint-Joseph de Concarneau qui se trouvaient en voyage scolaire figurent parmi les blessés", a annoncé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal, sur Twitter.

Le trafic et les transports en commun près de Westminster ont été arrêtés de même que le trafic fluvial. Le "London Eye", la grande roue sur l'autre rive, a été mise à l'arrêt, des gens étaient bloqués dans ses capsules. La station de métro de Westminster a été fermée.

La Première ministre Theresa May "va bien", a indiqué un porte-parole du 10, Downing Street. Des photos la montraient quittant le Parlement à grande vitesse à bord de sa voiture officielle.

Theresa May a adressé en début de soirée ses "pensées" aux victimes et leurs familles après l'attaque."La Première ministre est tenue informée de la situation et a présidé une réunion de crise", ajoute Downing Street.

Les députés ont été confinés à l'intérieur du Parlement avant d'être évacués un peu plus tard vers les locaux de Scotland Yard, situés à proximité, escortés par des policiers lourdement armés.

"Acte terroriste"

Scotland Yard, appelé sur les lieux, a affirmé considérer que "jusqu'à preuve du contraire", il s'agissait d'un "acte terroriste".

Scotland Yard a annoncé début mars que les services de sécurité britanniques avaient "déjoué treize tentatives d'attentat terroriste depuis juin 2013". Le niveau d'alerte terroriste au Royaume-Uni est fixé depuis août 2014 à "grave", le quatrième sur une échelle de 5. A la suite des attentats de novembre 2015 en France, la police avait annoncé le déploiement de 600 policiers armés supplémentaires à Londres, portant leur nombre à 2800.

Réactions internationales

Plusieurs capitales ont rapidement réagit à l'attaque de Londres, dont le président américain Donald Trump qui a parlé à Theresa May. "Nous condamnons l'attaque de Westminster que le Royaume-Uni considère comme un acte de terrorisme et nous saluons la réponse rapide de la police britannique", a indiqué Sean Spicer porte-parole de l'exécutif américain, assurant Londres du plein soutien de Washington.

La chancelière allemande Angela Merkel a elle aussi apporté mercredi son soutien aux "amis britanniques et à tous les habitants de Londres". "Bien que l'arrière-plan de ces actes ne soit pas encore précis, je réaffirme que l'Allemagne et ses citoyens se tiennent fermement et résolument aux côtés des Britanniques dans la lutte contre toute forme de terrorisme", a déclaré Angela Merkel dans un communiqué.

Les autorités allemandes sont sur le qui-vive en raison de la menace dihadiste pesant sur l'Allemagne, particulièrement depuis un attentat au camion-bélier revendiqué par l'EI qui avait fait 12 morts en décembre à Berlin.

"En ces heures graves, nous les Allemands nous sentons particulièrement liés au peuple britannique", a ajouté le président allemand, Frank-Walter Steinmeier dans un communiqué.

Charles Michel a exprimé les condoléances de la Belgique déclarant qu'elle était "aux côtés du Royaume-Uni dans sa lutte contre la terreur".

"Solidarité avec nos amis britanniques terriblement frappés, plein soutien aux élèves français blessés, à leurs familles et
leurs camarades
", a déclaré le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, sur Twitter.

Le parlement régional écossais a suspendu mercredi l'examen de la motion devant autoriser la Première ministre Nicola Sturgeon à demander au gouvernement britannique la tenue d'un référendum d'indépendance, à la suite de l'attaque terroriste à Londres.

"Notre parlement sœur a connu un grave incident. C'est pour cette raison que nous suspendons l'examen et nous allons reprendre les débats en temps voulu", a déclaré le président du parlement écossais, Ken Macintosh, devant les députés.

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