Deux femmes belges de combattants de l'Etat islamique en Syrie passent en Turquie avec leurs 6 enfants

Tatiana Wielandt et Bouchra Abouallal passent en Turquie avec leurs 6 enfants.
Tatiana Wielandt et Bouchra Abouallal passent en Turquie avec leurs 6 enfants. - © VRT

Deux Belges, veuves de combattants du groupe terroriste Etat islamique en Syrie, sont passées en Turquie avec trois enfants chacune (âgés respectivement de 7 ans, 5 ans, 1 an et 8 ans, 5 ans, 4 ans). Tatiana Wielandt (27 ans) et Bouchra Abouallal (26 ans) étaient détenues jusqu’à il y a peu dans le camp d’Ain Issa, mais ont pu s’échapper à la faveur du chaos provoqué par l’offensive turque dans le nord de la Syrie, a appris la VRT à bonne source.

La VRT souligne le fait que le mois dernier le ministre de l’Intérieur Pieter De Crem (CD & V) se voulait rassurant en estimant qu’il y avait peu de chance que des femmes belges de combattants islamistes s’échappent de camps dans le nord de la Syrie et passent en Turquie. Il pensait que la Turquie ne laisserait jamais des "foreign fighter" s’introduire sur son territoire, ce qui s’est donc produit.

Les deux femmes avaient quitté Anvers en 2013 avec leurs maris respectifs et un enfant chacune. Leurs maris appartenaient à Sharia4Belgium, un groupe terroriste. Ils ont ensuite été condamnés par défaut en Belgique en 2015 et ont trouvé la mort en Syrie. Leurs épouses avaient déjà regagné la Belgique une première fois en 2014 mais étaient reparties en Syrie à l’été 2015. Elles ont été condamnées à 5 ans de prison et 8000 euros d’amende pour participation à des activités terroristes.

La difficile question du retour

Ces deux femmes attendent à présent une décision sur leur sort. Tatiana Wielandt et Bouchra Abouallal sont arrivées clandestinement en Turquie avec leurs enfants, selon leur avocat Walter Damen. Après plusieurs tentatives, ces familles ont finalement rejoint la Turquie. On ne sait pas, à ce stade, si les mères sont retenues par les autorités turques. Si tel était le cas, la Turquie pourrait décider de les renvoyer en Belgique. En Belgique, les Affaires étrangères affirment "supposer qu’elles se trouvent en effet en Turquie actuellement" mais "leur localisation précise n’est pas connue". Au cas où elles seraient localisées par les autorités turques, "une procédure concertée avec les autorités belge serait mise en place" indiquent les Affaires étrangères. Dans ce cas, le parquet fédéral demandera l’extradition des deux femmes condamnées par défaut chez nous afin qu’elles purgent leur peine.

La Belgique s’est toujours montrée peu encline au rapatriement de combattants de l’Etat islamique ou de leurs épouses. Un autre cas de femme belge de combattant de l’Etat islamique s’est déjà présenté : Fatima Benmezian (24 ans) a été arrêtée en Turquie début novembre. Elle doit y être jugée pour des faits punissables qu’elle aurait commis. Quatre autres belges sont dans le même cas et deux autres femmes seraient en liberté en Turquie sans que l’on sache précisément où.

La Turquie ne semble pas prête à accueillir sur la durée ces femmes de combattants de l’Etat islamique et veut discuter les termes d’une extradition, d’une expulsion ou d’un rapatriement. Pour les enfants de ces femmes arrivées en Turquie, la question du retour se pose également. Un précédent existe avec les deux filles d’Amina Ghezzal qui purge actuellement une peine de 10 ans d’emprisonnement en Turquie. Ses enfants âgés de 2 et 4 ans ont été transférés en Belgique en février et confiés à leur grand-mère. L’OCAM, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace, estime à 69 le nombre d’enfants belges de combattants de l’EI présents en Syrie.

 

 

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