Dette: que propose le gouvernement grec dans son plan alternatif?

Une réunion extraordinaire se tient à Bruxelles avec un seul sujet à l’ordre du jour, la Grèce.
Une réunion extraordinaire se tient à Bruxelles avec un seul sujet à l’ordre du jour, la Grèce. - © LOUISA GOULIAMAKI - BELGAIMAGE

Une réunion extraordinaire se tient à Bruxelles avec évidemment un seul sujet à l’ordre du jour : la Grèce. Cette réunion doit donc entendre les idées de Yanis Varoufakis sur son plan alternatif. Mais en sait-on un peu plus sur ses idées ?

Il y a ce que l’on sait depuis le début de cette crise : le nouveau gouvernement ne veut plus de la Troïka, ce trio rassemblant des représentants de la Commission européenne, de la Banque Centrale européenne et du Fonds monétaire international. Ce sont eux qui suggèrent et contrôlent les réformes mises en place en Grèce.

Le gouvernement grec veut discuter directement avec les ministres des Finances de la zone euro. Cela peut passer. La troïka telle qu’elle existe aujourd’hui est critiquée de toutes parts. L’autre certitude, le gouvernement ne reprend pas à son compte les engagements de l’équipe précédente. Pas de poursuite du plan d’aide en échange des sept derniers milliards que la Grèce espérait recevoir. Tout simplement parce que ce plan d’aide prévoit des mesures de rigueur budgétaire dont ne veut plus la Grèce.

Sait-on si les Grecs proposent autre chose ?

Pour l’instant, uniquement ce qui circule dans la presse, des bribes lâchées dans la presse par l’un ou l’autre ministre. Mais ce qui se dessine, c’est que les Grecs veulent du temps. Six mois. Pour mettre en place un programme complet de réformes et d’allègement de la dette. Mais Athènes le sait, la Grèce ne peut pas vivre sans l’aide des Européens, elle demande donc une sorte de crédit relais qui leur permettrait d’assurer leurs obligations financières.

Selon eux, il y a déjà près de deux milliards qui pourraient leur être versés directement ; il s’agit d’intérêts que la Banque Centrale européenne touche sur les morceaux de dette grecque qu’elle possède. Des intérêts qu’elle reverse aux Grecs. D’ici l’été, les Grecs mettraient en place leurs réformes. Selon les informations qui circulent, ils reprendraient environ deux tiers des mesures préconisées par les Européens. En bref, des mesures axées plutôt sur les dépenses de l’Etat grec, des mesures de rigueur budgétaire.

Et pour le reste ?

En coopération avec l’organisation pour la coopération et le développement en europe, l’OCDE, le gouvernement grec mettrait sur pied une véritable réforme de l’Etat grec sans oublier un volet de lutte contre les conséquences sociales de l’austérité : relèvement du salaire minimum, réengagement de certains fonctionnaires licenciés et gel des libéralisations annoncées. Pour financer tout cela, ils demanderaient aux Européens d’être moins gourmands. Aujourd’hui, le budget grec hors charge de la dette dégage des bénéfices. " Acceptez, dit la Grèce, qu’une partie, pas tout, qu’une partie de ces bénéfices servent à relancer l’économie et la croissance dans le pays. "

Avec en parallèle, des mesures sur la dette

C’était le cheval de bataille de Syriza. Les Grecs veulent revoir la charge de la dette. En prenant une série de mesures, ils voudraient remplacer la dette actuelle par une dette dont les intérêts varieraient selon la croissance. Si la situation économique de la Grèce est bonne, elle rembourse plus et plus vite. Si elle est mauvaise, elle rembourse moins et moins vite. D’autres obligations seraient ce que l’on appelle des obligations perpétuelles, sans limite de temps, la Grèce ne remboursant jamais le capital mais juste les intérêts. 

Du côté de la dette, on sait que les européens sont prêts, ils l’avaient promis en 2012, à faire un geste, rallonger la durée des prêts et/ou encore baisser les taux d’intérêt.

Pas d’accord prévu ce soir

Petit tour d’observation avant la réunion des dirigeants européens ce jeudi où Alexis Tsipras pourra développer ses arguments mais aucun accord n’est attendu. C’est lundi, lors de la réunion prévue de longue date de la zone euro que Grecs et Européens devraient trouver un compromis. Autant dire que le choix des mots sera tout particulièrement difficile, il s’agira que tout le monde garde la tête haute.

Anne Blanpain

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