Des sociétés pénalisées parce qu'elles emploient des femmes enceintes: "Un frein à l'embauche des femmes"

Pénalisée parce qu'elle a engagé des femmes... et qu'elles ont eu des enfants: c'est la mésaventure vécue par une petite société suisse active dans la nutrition, et rapportée par le site de la radio-télévision helvétique.

Il faut savoir qu'en Suisse, la loi ne prévoit pas d'allocation de maternité avant la naissance de l'enfant. Les absences des femmes enceintes sont donc couvertes par des assurances "perte de gain" en cas de maladie, contractées par l'employeur. Or, cette société a recruté une majorité de femmes, qui sont toutes tombées enceintes au cours des trois dernières années et se sont absentées avant le terme.

Malgré cette absence d'allocation, là comme ici, la majorité des femmes s'arrêtent en effet avant le terme. Plus de 80% des femmes s'absentent avant leur accouchement et cette absence dure en moyenne six semaines, selon les autorités fédérales. Du coup, l'entreprise a vu la totalité de ses primes "perte de gain" augmenter de 50% en ce début d'année,

Martin Eling, directeur de l'Institut d'économie de l'assurance à Saint-Gall a expliqué que ce type de sanctions devenait courant en Suisse: "De manière générale, le marché des assurances perte de gain n'est plus attractif pour les assureurs. Outre la concurrence intensive, s'ajoutent aussi des cas de maladie plus onéreux, ce qui fait que les assurances résilient les contrats ou augmentent assez fortement les primes. Naturellement, cela touche fortement les PME ou les indépendants."

C'est un frein supplémentaire à l'embauche des femmes, dénonce le patron genevois, alors qu'il milite pour plus d'égalité dans le monde du travail: les assureurs ne font pas de distinction entre les types d'arrêts. Ils ne regardent que le ratio des sinistres, mais ne tiennent pas compte des diagnostics...

"C'est ça que je trouvais choquant: il n'y a pas de distinction entre une vraie maladie et une grossesse. Quand on parle de grossesse, ce ne sont pas des problèmes récurrents liés à une mauvaise gestion ou à une activité à risque", a expliqué Renaud Langel à la RTS

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