Des rebelles détruisent des urnes au lendemain des scrutins en Centrafrique

Des rebelles détruisent des urnes au lendemain des scrutins en Centrafrique
Des rebelles détruisent des urnes au lendemain des scrutins en Centrafrique - © PIERRE AUSSEILL - AFP

Des rebelles armés ont attaqué lundi des bureaux de vote en Centrafrique, où se sont déroulées dimanche des élections présidentielle et législatives, détruisant des urnes remplies de bulletins de vote, a annoncé un responsable local.

Les attaques ont eu lieu dans les villes de Carnot, à 300 km à l’ouest de la capitale, Bangui, à Nola, dans la région de la Shanga, à plus de 600 km à l’ouest de Bangui, et à Bambari, la quatrième ville du pays, à 380 km au nord-est de Bangui, a indiqué un membre de l’administration locale, Evariste Mongo.

Ces attaques n’ont fait aucun blessé.

Les Centrafricains ont voté dimanche pour élire un président et des députés mais une grande partie en a été empêchée dans un pays toujours en guerre civile et sous la menace d’une nouvelle offensive rebelle contre le régime du sortant et favori, Faustin Archange Touadéra.

À Bangui, des Casques bleus de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) ont gardé les bureaux de vote.

Les groupes armés, qui contrôlaient déjà deux tiers du territoire, avaient juré, il y a une dizaine de jours, de "marcher sur Bangui" pour empêcher le scrutin. Ils se sont toutefois pour l’heure tenus à distance de la capitale de ce pays parmi les plus pauvres du monde en dépit des richesses de son sous-sol.


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Le président sortant Faustin Archange Touadéra accuse l’ex-chef de l’Etat François Bozizé, renversé en 2013 par une coalition de groupes armés, la Séléka, de mener ces derniers jours une "tentative de coup d’Etat" à la tête de la rébellion.

Selon la Minuca, les rebelles bénéficient effectivement du soutien de M. Bozizé, dont la candidature à la présidentielle a été invalidée par la cour constitutionnelle.

La Russie, soutenant ouvertement depuis 2018 le gouvernement Touadéra, a envoyé 300 "instructeurs militaires" – en fait des paramilitaires de sociétés privées russes de sécurité – en renfort de centaines de leurs pairs déployés depuis plus de deux ans. Et le Rwanda a dépêché des soldats d’élite hors Minusca, "des centaines", selon Bangui.

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