Des millions d'Ougandais délaissent internet à cause d'une taxe sur les réseaux sociaux

Des millions d’Ougandais délaissent internet à cause d’une taxe sur les réseaux sociaux
Des millions d’Ougandais délaissent internet à cause d’une taxe sur les réseaux sociaux - © ISAAC KASAMANI - AFP

Depuis la mise en place de la taxe en mai 2018, le nombre d’abonnements internet a décliné de 2,5 millions d’utilisateurs et économiquement, les opérateurs tout comme le gouvernement y ont perdu au change.

La taxe s’élève à 200 shillings ougandais par jour, équivalent à 4,7 centimes d’Euro, pour pouvoir accéder à des réseaux sociaux comme Facebook, Whatsapp et Instagram. Le ministre des Finances David Bahati espérait pouvoir « augmenter les recettes du gouvernement pour pouvoir les réinvestir dans le service public » mais la réalité n’a pas répondu aux attentes.

Censure

D’après The Guardian, le but premier du président Yoweri Museveni, était de faire face aux conséquences des « commérages » et autres « bavardages inutiles » de la jeunesse. Les détracteurs ont immédiatement reproché à la taxe d’être une censure de la liberté d’expression. « Les réseaux sociaux sont devenus une source importante d’actualité et d’informations politiques » explique Irene Ikomu, une avocate de Kampale, la capitale, à The Guardian. « Une plus grande exposition à l’information par internet a permis aux citoyens ougandais d’être plus critiques envers les conditions politiques du pays. »

Le président Museveni est au pouvoir depuis 1986. Il a aboli les limites de mandat en 2005 et en janvier 2018, il a annulé une loi qui le forçait à se retirer à l’âge de 75 ans.