Des milliers de partisans du mariage homo manifestent à Paris

La manifestation parisienne de ce dimanche se déroule deux jours avant les débats parlementaires.
La manifestation parisienne de ce dimanche se déroule deux jours avant les débats parlementaires. - © AFP / KENZO TRIBOUILLARD

Des milliers de partisans du mariage homosexuel (125 000 selon la polices) manifestaient dimanche à Paris, espérant faire contrepoids au défilé massif des opposants il y a deux semaines, et appuyer ainsi François Hollande, qui n'entend pas céder sur ce projet soumis au Parlement mardi.

Sous le mot d'ordre fédérateur de "l'égalité des droits", les défenseurs du mariage sont partis peu après 14H00 de Denfert-Rochereau (XIVe arrondissement) pour leur première manifestation nationale.

"Qu'est ce que vous voulez ? L'égalité ! Et vous la voulez quand ? Maintenant!" scandaient les manifestants, dont de nombreux jeunes, agitant des drapeaux aux couleurs de l'arc-en-ciel, symbole de la cause homosexuelle.

Beaucoup de manifestants étaient venus en couple à Paris, à l'instar d'Alexis et Stephane, 33 et 37 ans, originaires de banlieue parisienne pour "montrer (leur) détermination à obtenir les mêmes droits pour tous". "On est tous égaux, les enfants n'ont pas à subir cette inégalité", estiment les deux hommes, venus avec leurs deux enfants.

"Il y a six mois, on ne comptait pas venir manifester, mais devant l'augmentation manifeste de l'homophobie, on n'a pas le choix", a expliqué Didier, venu du Pays basque.

Une brochette de syndicats et d'hommes politiques

L'appel à la manifestation a été relayé par une large palette de syndicats et d'associations de défense des droits de l'Homme, dont de nombreux représentants étaient présents parmi les manifestants.

Le maire PS de Paris Bertrand Delanoë, la ministre du Logement Cécile Duflot, le premier secrétaire du PS Harlem Désir, Pierre Laurent (PCF), Jean-Luc Mélenchon (PG), l'ex-ministre socialiste Jack Lang, étaient en tête du cortège.

Pour Harlem Désir, "la droite s'est battue pour imposer sa vision de la famille, nous nous battons aujourd'hui pour imposer ou pour proposer l'égalité de toutes les familles, la reconnaissance de toutes les familles".

Soirée people pour soutenir le projet

Egalement présents, le footballeur Lilian Thuram, l'animatrice Karine Lemarchand, l'ex-ministre UMP Roselyne Bachelot, ou encore l'homme d'affaires Pierre Bergé, à l'origine d'une soirée people dimanche soir pour soutenir le projet de loi.

"On voit très clairement aujourd'hui que la mobilisation dépasse très largement les homosexuels ou les associations LGBT", a observé Nicolas Gougain porte-parole de l'Inter-LGBT (Lesbiennes, Gay, Bi et Trans), à l'origine de la mobilisation avec le collectif Agissons pour l'égalité.

Ambition chiffrée: 150  000 participants

Même si les organisateurs ont récusé toute guerre des chiffres, le défi est de mobiliser davantage que le précédent défilé parisien pro-mariage gay du 16 décembre (150 000) et de riposter aux "anti", qui avaient rassemblé le 13 janvier entre 340 000 personnes (selon la police) et un million (selon les organisateurs). Les derniers chiffres de la police évoquent 125 000 participants.

Depuis le Chili où il se trouve en déplacement, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a espéré une "forte mobilisation". Il n'y a "aucun doute sur l'issue" de ce texte, "une loi sera votée et même à une large majorité", a prédit M. Ayrault.

Le projet de loi accorde simplement les mêmes droit à tous

Dans le Journal du Dimanche, la ministre de la Justice Christiane Taubira a souligné une nouvelle fois que "le projet de loi donne simplement les mêmes droits et confère les mêmes devoirs aux couples homosexuels : les conditions du mariage sont inchangées".

En recevant vendredi à l'Elysée la porte-voix très médiatisée des opposants, Frigide Barjot, le président de la République François Hollande avait réitéré sa détermination de voir le parlement adopter ce projet. Il a écarté une nouvelle fois tout recours au référendum sur ce sujet sociétal, comme le réclament des associations et 200 parlementaires.

L'examen du texte débute mardi à l'Assemblée: plus de 5 300 amendements, un nombre inhabituellement élevé, ont été déposés, dont l'essentiel émane de l'opposition.


Belga

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