Des milliers de Gazaouis manifestent près d'Israël, dans un climat de tensions

Des manifestants palestiniens rassemblés près de la barrière de sécurité séparant la bande de Gaza à Israël, le 19 octobre 2018
Des manifestants palestiniens rassemblés près de la barrière de sécurité séparant la bande de Gaza à Israël, le 19 octobre 2018 - © MAHMUD HAMS

Des milliers de Palestiniens ont manifesté vendredi à Gaza, mais se sont largement tenus à distance des soldats postés à la frontière israélienne, dans un climat faisant redouter une nouvelle confrontation d'envergure, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Au moins 115 Palestiniens ont cependant été blessés lors de heurts, dont 77 par des tirs à balles réelles, a indiqué le ministère gazaoui de la Santé.

Il s'agissait du 30e vendredi consécutif de mobilisation dans l'enclave. Il a été précédé d'une montée des tensions depuis plusieurs semaines. Israël a signalé avant cette journée être prêt à une riposte vigoureuse après avoir été visé par deux tirs de roquettes mercredi, dont l'une avait détruit une maison. L'aviation israélienne avait mené en représailles des raids contre une vingtaine de cibles militaires dans la bande de Gaza.

Cet accès de fièvre a encore avivé la crainte d'une escalade des hostilités, voire d'une quatrième guerre entre Israël et le mouvement islamiste Hamas qui dirige le territoire.

La journée de vendredi passait pour un nouveau test de la volonté d'éviter un conflit de part et d'autre. Dans un apparent avertissement, Israël a positionné des dizaines de chars et de véhicules blindés au nord de la bande de Gaza, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov, avait appelé Israéliens et Palestiniens "à faire montre de retenue (...) et à éviter l'escalade". Il avait rappelé sur Twitter que le voisin égyptien et l'ONU s'employaient depuis des semaines à empêcher l'escalade. Malgré la volonté du ministre de la Défense Avigdor Lieberman de porter un "coup sévère" au Hamas, le cabinet de sécurité israélien avait décidé, en attendant vendredi, de suivre les recommandations de l'état-major et de muscler encore la riposte militaire face à d'éventuelles violences, sans entrer en guerre, a largement rapporté la presse, sans aucune confirmation officielle.

Le Hamas a démenti être derrière les tirs de roquettes de mercredi et a accusé des éléments "irresponsables" de chercher à torpiller les efforts de trêve onusiens et égyptiens.

Des membres des forces de sécurité du Hamas ont été vus à un endroit dissuadant les manifestants de s'approcher de la barrière frontalière de plusieurs mètres de haut, derrière laquelle se tiennent les tireurs israéliens, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Manifestation au camp de réfugiés de Bureij (Gaza), ce 19 octobre

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