UDPS: des membres portent plainte contre leur leader Etienne Tshisekedi

Des membres de l'UDPS portent plainte contre le président du parti, Etienne Tshisekedi
Des membres de l'UDPS portent plainte contre le président du parti, Etienne Tshisekedi - © Belga

Des membres du principal parti congolais d'opposition, l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS), ont porté plainte contre le président de cette formation, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, pour avoir "modifié unilatéralement" les statuts du parti, tout en réclamant des éclaircissements sur des mouvements suspects de sommes et des dépenses "injustifiées", a annoncé mardi soir leur avocate.

Cette plainte a été déposée le 19 novembre dernier entre les mains d'un juge d'instruction bruxellois par plusieurs membres actifs de la représentation Benelux de l'UDPS.

Elle vise M. Tshisekedi - qui séjourne en "convalescence" en Belgique depuis août 2014, même s'il a annoncé, à 83 ans, son retour prochain à Kinshasa à l'approche des élections prévues en principe en novembre prochain - et plusieurs membres de sa famille, a précisé Me Fanny Vansiliette dans un communiqué adressé à l'agence Belga.

Les plaignants reprochent des infractions de "faux et usages de faux en écriture", d'"escroquerie" et de "vol" et/ou "extorsion".

"Des mouvements suspects de sommes et des dépenses injustifiées"

Selon Me Vansiliette, il est apparu que les statuts de l'UDPS ont été modifiés unilatéralement par son président. La suppression, à l'article 10, de "la conquête, l'exercice et la conservation démocratiques du pouvoir" comme objectifs de l'organisation ont fait perdre à cette dernière son statut de parti politique à douze mois de l'échéance des prochaines élections en République démocratique du Congo, a fait valoir l'avocate, qui appartient au cabinet Uyttendaele, Gérard, Kennes et associés.

Par ailleurs, un examen de la comptabilité de l'UDPS a été réalisé à l'occasion de la rédaction du rapport d'activités de la représentation de l'UDPS-Benelux. Celui-ci a fait apparaître "des mouvements suspects de sommes et des dépenses injustifiées", ajoute le communiqué.

"Vu la gravité des faits, ils (les membres de l'UDPS) n'ont eu d'autre choix que de saisir la justice pénale. Toutefois, à ce stade, afin de préserver le secret de l'instruction et de ne pas entraver le bon déroulement de l'enquête, aucune information complémentaire ne peut être communiquée", conclut le texte.

En septembre dernier, des frondeurs de l'UDPS, vivant pour la plupart en exil en Europe ou au Canada, avaient déjà remis en cause l'autorité de M. Tshisekedi en décidant son éviction de la direction du parti et en désignant un président "provisoire", André Kalonzo Ilunga, "après avoir fait le constat d'une vacance de leadership à la tête du parti, sur base de nombreux éléments et faits".

L'UDPS, minée par des divisions intestines, est la seule des grandes composantes de l'opposition congolaise à s'être montrée disposée à dialoguer avec le camp du président Joseph Kabila à l'approche d'élections législatives et présidentielle dont la tenue reste incertaine à moins de onze mois de l'échéance.

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