Des infirmières pilotent un avion, une solution pour gérer le stress

Des infirmières qui pilotent un simulateur d’avion, c’est la nouveauté de cette année. Cet exercice permettrait au personnel soignant de se détendre et mieux gérer le stress. Cette situation peut paraître un peu absurde, et pourtant, cela fait un an que cette formation existe en France. Le principe ? Piloter un Airbus A380 dans un simulateur de vol et essayer de résoudre les problèmes le plus calmement possible. Le personnel soignant est soumis à une activité intense et à un grand stress depuis un an. Un stress qui est parfois difficile à gérer.

C’est le docteur Régis Fuzier qui est à l’origine du projet. Médecin réanimateur, l’homme est aussi pilote d’avion amateur durant son temps libre. Pour lui, c’est une réelle opportunité pour le personnel soignant d’apprendre à travailler ensemble.


Quelle que soit notre formation, nous avons tous les compétences techniques. Mais ce qui nous manque, c’est une formation sur tout ce qui n’est pas technique : le travail en équipe, l’écoute, la gestion du stress, le leadership, le partage des tâches

Communiquer devient indispensable

Lorsque les aspirants pilotes arrivent sur place, c’est Régis Fuzier, habituellement leur médecin, qui devient instructeur d’un jour. Ils entrent dans le simulateur, reçoivent quelques consignes pour les commandes principales, et puis c’est parti. Ils sont livrés à eux-mêmes pendant l’entièreté du vol. Pour que la formation soit complète, le simulateur est programmé pour enchaîner les pannes et les problèmes techniques. Un moyen d’obliger les infirmiers à communiquer et s’entraider. "Si je n’avais pas écouté les informations de mes collègues, je pense que nous aurions pris feu", avoue Ariane Blaise.

Après le vol, les pilotes sont soulagés, pas de crash à l’horizon mais le stress était bien présent. Il faut dire qu’un cockpit n’a rien à voir avec un bloc opératoire et pourtant, Ariane Blaise y trouve des points communs, "finalement, il y a beaucoup de similitudes avec notre travail : nous parlions de l’interruption des tâches lorsque la tour de contrôle appelle un autre avion, c’est la même chose lorsque le téléphone n’arrête pas de sonner toute la journée et que nous les transmettons à la bonne personne."

Une formation qui porte ses fruits

Aurore Massoutier est l’une des premières à avoir pris part à cette formation. Un an plus tard, elle réalise que l’expérience dans le cockpit lui sert au quotidien. "Quand on sent que ça devient un peu trop le stress, on s’arrête et on se dit quoi faire. On y réfléchit", assure l’infirmière en réanimation. "Je pense qu’il est important de mieux gérer nos émotions, de mieux les contrôler et de comprendre nos faiblesses", ajoute sa collègue Lucie Plaza.

Apprendre à gérer son stress devient même indispensable quand on sait, selon une étude de l’Université de Columbia, que le stress contribue à 65% d’erreurs supplémentaires en salle d’opération.

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