Haïti: plusieurs employés d'Oxfam dont un Belge licenciés suite à une enquête sur des abus sexuels

Les accusations d'orgies avec des prostituées payées avec l'argent d'Oxfam, à la suite du tremblement de terre de 2010 en Haïti, concernent des employés de la branche britannique de l'organisation, assure vendredi Oxfam-Solidarité dans un communiqué.

Une enquête, ouverte en interne en 2011, a mis au jour "une culture d'impunité" parmi les employés d'Oxfam, sans exclure que certaines prostituées étaient mineures.

Le responsable d'Oxfam à Haïti, le Belge Roland van Hauwermeiren, avait démissionné sans subir de sanctions disciplinaires, bien qu'il ait supposément reconnu avoir engagé des prostituées. Deux autres hommes auraient démissionné et quatre autres auraient été renvoyés.

La justice haïtienne n'a pas été informée de l'affaire.

La porte-parole d'Oxfam-Solidarité en Belgique, Esther Favre-Félix, dit ne pas avoir d'information à ce stade sur l'implication de Belges dans ce scandale sexuel, étant donné que l'enquête a été menée par la branche britannique de l'organisation.

Oxfam-Solidarité souligne que l'organisation a rendu publique l'enquête en Haïti via des communiqués de presse les 5 août et 5 septembre 2011. Les employés concernés ont été suspendus en attendant son issue. Ces communiqués faisaient à l'époque état d'écarts de conduite, sans en préciser la teneur. Certains employés ont choisi de quitter Oxfam en cours d'enquête et d'autres ont été licenciés à son terme.

Oxfam UK a dès lors pleinement informé la British Charity Commission compétente, le ministère britannique de la Coopération au développement et des donateurs institutionnels tels que l'UE, l'OMS et diverses agences des Nations Unies. La British Charity Commission a confirmé qu'Oxfam avait pris les mesures nécessaires.

"Un seul Belge impliqué", assure Oxfam

Roland van Hauwermeiren est le seul Belge impliqué dans les accusations d'orgies avec des prostituées payées avec l'argent d'Oxfam au cours de la mission en Haïti menée à la suite du tremblement de terre de 2010, a assuré ce vendredi la porte-parole d'Oxfam-Solidarité en Belgique, Esther Favre-Félix.

Il avait démissionné sans subir de sanctions disciplinaires, bien qu'il ait supposément reconnu avoir engagé des prostituées. Deux autres hommes auraient démissionné et quatre autres auraient été renvoyés.

Esther Favre-Félix précise que Roland van Hauwermeiren n'a jamais travaillé dans la branche belge d'Oxfam et qu'il n'occupe aujourd'hui plus aucune fonction au sein de l'organisation. Les employés impliqués dans ce scandale sont issus de la branche britannique d'Oxfam.

Après l'enquête, Oxfam UK a effectué une évaluation approfondie et a pris un ensemble de mesures pour prévenir ce type d'abus. Un comité de sauvegarde spécifique et une ligne directe pour dénoncer de tels actes ont notamment été créés.

Profondément choqué

Le secrétaire général de la branche belge d'Oxfam-Solidarité, Stefaan Declercq, s'est dit "profondément choqué" par le comportement des six employés de l'organisation humanitaire qui ont eu recours à des prostituées lors de leur mission en Haïti, à la suite du tremblement de terre de 2010. Selon lui, les logements et hôtels qui ont servi de décor aux orgies n'ont pas été payés par l'ONG.

"Je présente mes excuses au nom d'Oxfam. Je ne veux pas me cacher derrière le fait que ces personnes n'appartenaient pas à la branche belge de l'ONG", a-t-il affirmé, lors d'une conférence de presse, précisant qu'aucun employé d'Oxfam Belgique ne se trouvait sur place en 2010.

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